Ouverture du procès de Karim Wade devant la Crei...
L’actualité judiciaire phare de l’année 2014 a été l’ouverture du procès de Karim Wade et de ses cinq co-prévenus dans le cadre de la traque des biens présumés mal acquis. Devant la barre de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) le fils de l’ancien Président de la République devra justifier l’origine licite de 117.000.000.000 F Cfa.
Avec soixante-dix-sept (77) témoins, plus de soixante (60) avocats de trois nationalités différentes (sénégalaise, française et béninoise), le président de cette juridiction spéciale, Henri Grégoire Diop, a averti les parties que l’affaire allait durer six mois ou plus. Et, le 31 juillet 2014, Karim Wade est attrait à la barre devant une foule immense qui avait pris d’assaut la salle 4 du Palais de justice Lat Dior. L’homme, qui s’était fait remarquer au premier jour de ce procès historique, c’est bien Moise Rampino, un souteneur du fils d’Abdoulaye Wade. Pour avoir perturbé l’audience, le sieur Rampino sera d’ailleurs jugé quelques jours plus tard par le tribunal de Dakar. Alors que toute l’audience attendait qu’il demande la clémence - au moment où son avocat plaidait la démence de son client -, le prévenu a tenu à réitérer ses propos de la semaine passée.
En accusant les juges de la Crei de corrompus et le Président de la République de voleur. Des propos qui ont poussé le substitut du Procureur à requérir 24 mois d’emprisonnement ferme contre lui. Donnant son verdict, le président de la Cour déclarera le blogueur coupable de trouble à l’ordre public en le condamnant à 2 ans ferme.
L’actualité judiciaire phare de l’année 2014 a été l’ouverture du procès de Karim Wade et de ses cinq co-prévenus dans le cadre de la traque des biens présumés mal acquis. Devant la barre de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) le fils de l’ancien Président de la République devra justifier l’origine licite de 117.000.000.000 F Cfa.
Avec soixante-dix-sept (77) témoins, plus de soixante (60) avocats de trois nationalités différentes (sénégalaise, française et béninoise), le président de cette juridiction spéciale, Henri Grégoire Diop, a averti les parties que l’affaire allait durer six mois ou plus. Et, le 31 juillet 2014, Karim Wade est attrait à la barre devant une foule immense qui avait pris d’assaut la salle 4 du Palais de justice Lat Dior. L’homme, qui s’était fait remarquer au premier jour de ce procès historique, c’est bien Moise Rampino, un souteneur du fils d’Abdoulaye Wade. Pour avoir perturbé l’audience, le sieur Rampino sera d’ailleurs jugé quelques jours plus tard par le tribunal de Dakar. Alors que toute l’audience attendait qu’il demande la clémence - au moment où son avocat plaidait la démence de son client -, le prévenu a tenu à réitérer ses propos de la semaine passée.
En accusant les juges de la Crei de corrompus et le Président de la République de voleur. Des propos qui ont poussé le substitut du Procureur à requérir 24 mois d’emprisonnement ferme contre lui. Donnant son verdict, le président de la Cour déclarera le blogueur coupable de trouble à l’ordre public en le condamnant à 2 ans ferme.
Les jours passent, le panorama qu’offre la salle d’audience reste le même. Les jours d’audience se suivent et se ressemblent. Au rythme où allaient les choses, ce procès tant attendu pourrait s’étaler sur un an ou plus. Mais, la volonté de l’ancien ministre d’Etat de ne pas répondre «à aucune question tant qu’Ibrahim Aboukhalil dit Bourgi ne sera pas soigné et ne soit en mesure de se présenter à la barre», des prévenus malades, d’autres volontairement et partiellement muets, les exceptions soulevées par les avocats de la défense, les multiples sus- pensions d’audiences, les incidents entre avocats et le juge sont autant de faits qui n’encourageaient pas du tout l’avancée du procès.
Mais, sur ordre du juge, Ibrahim Aboukhalil, plus connu sous le nom de Bibo Bourgi, s’est finalement présenté à la barre sur une civière avec des perfusions qui lui étaient branchées. L’image était captivante mais les juges tenaient à la présence de M. Bourgi, accusé d’être impliqué dans 75% des biens de Karim Wade. Les jours se suc- cédèrent, le procès suivit son cours et l’état de santé du co-prévenu de Karim devint inquiétant.
Le 1er octobre, Bibo bénéficie d’une autorisation d’un mois de sortie du territoire pour des raisons médicales. Avant de revenir en mi-décembre. «Je suis revenu parce que je tiens à ma parole», rappelait-il, lors de son premier procès après son retour au Sénégal.
Au cours du procès, plus d’une vingtaine d’exceptions ont été déposées, dont une seule par la partie civile (l’Etat du Sénégal, représenté par l’Agent judiciaire de l’Etat et dix-sept (17) avocats). Les avocats de la défense ont souligné dans la foulé des vices et entorses faits à la procédure, au respect des droits de chaque partie et au règlement, et qui pourraient entraîner la nullité d’une partie ou de toute la procédure.
Mais, sur ordre du juge, Ibrahim Aboukhalil, plus connu sous le nom de Bibo Bourgi, s’est finalement présenté à la barre sur une civière avec des perfusions qui lui étaient branchées. L’image était captivante mais les juges tenaient à la présence de M. Bourgi, accusé d’être impliqué dans 75% des biens de Karim Wade. Les jours se suc- cédèrent, le procès suivit son cours et l’état de santé du co-prévenu de Karim devint inquiétant.
Le 1er octobre, Bibo bénéficie d’une autorisation d’un mois de sortie du territoire pour des raisons médicales. Avant de revenir en mi-décembre. «Je suis revenu parce que je tiens à ma parole», rappelait-il, lors de son premier procès après son retour au Sénégal.
Au cours du procès, plus d’une vingtaine d’exceptions ont été déposées, dont une seule par la partie civile (l’Etat du Sénégal, représenté par l’Agent judiciaire de l’Etat et dix-sept (17) avocats). Les avocats de la défense ont souligné dans la foulé des vices et entorses faits à la procédure, au respect des droits de chaque partie et au règlement, et qui pourraient entraîner la nullité d’une partie ou de toute la procédure.
L’exception sur la constitution des anciens ministres, déposée par Me El Hadji Diouf de la partie civile et l’exception d’incompétence de la Cour déposée par les avocats de la défense ont été les plus marquantes. Le 22 décembre, les avocats de la défense réclamaient avec force, dans leur plaidoirie, la mise en liberté provisoire de Karim Wade, arguant que ce dernier est de nationalité sénégalaise et que l’affaire instruite n’est pas une affaire de criminalité. Le délibéré est d’ailleurs prévu, aujourd’hui (lundi).
...Alioune Ndao limogé...
Le 11 novembre, le Procureur spécial près la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) est démis de ses fonctions par le Président Macky Sall. Alioune Ndao, qui a piloté depuis le début la traque des biens mal acquis et qui a été fortement critiqué aussi bien par les avocats de Karim Wade que par une partie de l’opinion nationale, cédera, sa place au désormais Procureur spécial, Cheikh Tidiane Mara. Le Substitut spécial, Antoine Félix Diome, quant à lui, conservera son poste. Quelques jours plus tard, Alioune Ndao devient procureur général à la cour d’Appel de Dakar. Et l’audience est renvoyée au 1er décembre. Ouvert depuis le 31 juillet 2014, le procès suit son cours
...Tahibou Ndiaye et Aida Ndiongue défilent devant la Crei...
C’est le 15 décembre 2014 que l’acte I du procès de Tahibou Ndiaye, qui a fait l’objet de plusieurs renvois, est posé. Poursuivis pour enrichissement illicite et complicité d’enrichissement portant sur la rondelette somme de 3,94 milliards de francs Cfa, l’ancien Directeur général du Cadastre, sa femme, Ndèye Aby Ndiongue, ainsi que ses deux filles adoptives, en l’occurrence Ndèye Rokhaya et Mame Fatou Thiam, ont comparu libre à la barre de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei).
Dès l’ouverture, c’est la bataille procédurale qui faisait rage. Les avocats de la défense, soulevant des exceptions de nullité, ont demandé l’annulation de la procédure. Alors que le procureur spécial et les avocats de l’Etat demandaient l’irrecevabilité desdites exceptions. Et, il a fallu toutefois 48 heures pour que la sempiternelle bataille judiciaire entre les avocats de Tahibou et ceux de l’Etat du Sénégal prennent fin. Le 17 décembre, Henry Grégoire Diop joint les exceptions au fond avant de renvoyer le procès jusqu’au 9 mars 2015 pour aborder le débat de fond.
L’affaire des produits phytosanitaire du ‘’Plan Jaxaay’’ est également inscrite parmi les actualités judiciaires phares de l’année 2014. En effet, l’ancienne Sénatrice libérale, Aïda Ndiongue, et ses co-inculpés ont été placés sous mandat de dépôt depuis le 17 décembre 2013 pour un détournement présumé portant sur la somme de 20 mil- liards 688 millions de francs CFA. Le présumé détournement porte sur le marché des produits phytosanitaires destinés au ‘’Plan Jaxaay’’, géré à l’époque par le ministère de l’Habitat dont Abdoul Aziz Diop fut successivement Directeur de l’administration générale et de l’équipement (Dage) et Directeur de Cabinet. Selon l’accusation, après avoir gagné le marché, Aïda Ndiongue ne l’a pas exécuté intégrale- ment. Ce qu’elle a toujours nié. Lors de sa confrontation avec le comptable des matières, Hubert Thior, celui-ci l’a déchargé en affirmant que le matériel a été bel et bien livré par Aïda Ndiongue conformément à la commande faite par l’Etat. Les multiples demandes de liberté provisoires intro- duites par les conseils d’Aida Ndiongue et ses co-détenus sont restées vaines. Et, la dernière requête des avocats des responsables libéraux devra être vidée, le 30 décembre prochain par la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar.
...Alioune Ndao limogé...
Le 11 novembre, le Procureur spécial près la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) est démis de ses fonctions par le Président Macky Sall. Alioune Ndao, qui a piloté depuis le début la traque des biens mal acquis et qui a été fortement critiqué aussi bien par les avocats de Karim Wade que par une partie de l’opinion nationale, cédera, sa place au désormais Procureur spécial, Cheikh Tidiane Mara. Le Substitut spécial, Antoine Félix Diome, quant à lui, conservera son poste. Quelques jours plus tard, Alioune Ndao devient procureur général à la cour d’Appel de Dakar. Et l’audience est renvoyée au 1er décembre. Ouvert depuis le 31 juillet 2014, le procès suit son cours
...Tahibou Ndiaye et Aida Ndiongue défilent devant la Crei...
C’est le 15 décembre 2014 que l’acte I du procès de Tahibou Ndiaye, qui a fait l’objet de plusieurs renvois, est posé. Poursuivis pour enrichissement illicite et complicité d’enrichissement portant sur la rondelette somme de 3,94 milliards de francs Cfa, l’ancien Directeur général du Cadastre, sa femme, Ndèye Aby Ndiongue, ainsi que ses deux filles adoptives, en l’occurrence Ndèye Rokhaya et Mame Fatou Thiam, ont comparu libre à la barre de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei).
Dès l’ouverture, c’est la bataille procédurale qui faisait rage. Les avocats de la défense, soulevant des exceptions de nullité, ont demandé l’annulation de la procédure. Alors que le procureur spécial et les avocats de l’Etat demandaient l’irrecevabilité desdites exceptions. Et, il a fallu toutefois 48 heures pour que la sempiternelle bataille judiciaire entre les avocats de Tahibou et ceux de l’Etat du Sénégal prennent fin. Le 17 décembre, Henry Grégoire Diop joint les exceptions au fond avant de renvoyer le procès jusqu’au 9 mars 2015 pour aborder le débat de fond.
L’affaire des produits phytosanitaire du ‘’Plan Jaxaay’’ est également inscrite parmi les actualités judiciaires phares de l’année 2014. En effet, l’ancienne Sénatrice libérale, Aïda Ndiongue, et ses co-inculpés ont été placés sous mandat de dépôt depuis le 17 décembre 2013 pour un détournement présumé portant sur la somme de 20 mil- liards 688 millions de francs CFA. Le présumé détournement porte sur le marché des produits phytosanitaires destinés au ‘’Plan Jaxaay’’, géré à l’époque par le ministère de l’Habitat dont Abdoul Aziz Diop fut successivement Directeur de l’administration générale et de l’équipement (Dage) et Directeur de Cabinet. Selon l’accusation, après avoir gagné le marché, Aïda Ndiongue ne l’a pas exécuté intégrale- ment. Ce qu’elle a toujours nié. Lors de sa confrontation avec le comptable des matières, Hubert Thior, celui-ci l’a déchargé en affirmant que le matériel a été bel et bien livré par Aïda Ndiongue conformément à la commande faite par l’Etat. Les multiples demandes de liberté provisoires intro- duites par les conseils d’Aida Ndiongue et ses co-détenus sont restées vaines. Et, la dernière requête des avocats des responsables libéraux devra être vidée, le 30 décembre prochain par la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar.
...le Colonel Ndao met les pieds dans le plat
Le livre du Colonel Abdoulaye Aziz Ndao, «Pour l’honneur de la gendarmerie sénéga- laise», a également marqué l’année 2014. Dans son ouvrage publié (en deux tomes), l’Officier supérieur de la gendarmerie s’est attaqué à la gestion et à certaines pratiques de l’ancien Haut commandant de la gendarmerie, le Général Abdoulaye Fall, accusé de haute trahison, corruption, enrichissement illicite dans le cadre du dossier Casamance. Ce dernier est aussi cité dans l’assassinat de l’ancien Président du Conseil régional de Ziguinchor, Oumar Lamine Badji, dont Abba Diédhiou est un témoin-clé. Ces graves révélations qui sont faites une année seulement après celles qui avaient secoué la Police continuent de défrayer la chronique. Un «Brûlot sur la gendarmerie» qui finira donc de susciter un tollé. Mais, le matin du 13 août 2014, soit quarte (4) jours seulement après son retour au bercail, le Colonel Abdoulaye Aziz Ndao, est mis aux arrêts pour 30 jours – ramenés à 60 jours par le ministre des Forces armées - à la caserne Samba Diéry Diallo, le temps que l’instruction suive son cours. L’année 2014 a été également marquée par les nombreux dossiers judiciaires ouverts à l’issue des résultats des élections locales et municipales du 29 juin.
De Podor à Louga en passant par Saint-Louis, les prolongations ont été jouées devant les cours et tribunaux. Mais, la bataille judiciaire, qui avait attiré l’attention de plus d’un, est celle de Podor opposant Me Aissata Tall Sall à Mamadou Racine Sy. Même si la cour d’Appel de Saint-Louis avait jugé, le 13 août dernier, en faveur de ce dernier, il a fallu un mois pour que la Cour suprême infirme cette décision et restitue à Aissata Tal Sall la commune de Podor.
Libération
Le livre du Colonel Abdoulaye Aziz Ndao, «Pour l’honneur de la gendarmerie sénéga- laise», a également marqué l’année 2014. Dans son ouvrage publié (en deux tomes), l’Officier supérieur de la gendarmerie s’est attaqué à la gestion et à certaines pratiques de l’ancien Haut commandant de la gendarmerie, le Général Abdoulaye Fall, accusé de haute trahison, corruption, enrichissement illicite dans le cadre du dossier Casamance. Ce dernier est aussi cité dans l’assassinat de l’ancien Président du Conseil régional de Ziguinchor, Oumar Lamine Badji, dont Abba Diédhiou est un témoin-clé. Ces graves révélations qui sont faites une année seulement après celles qui avaient secoué la Police continuent de défrayer la chronique. Un «Brûlot sur la gendarmerie» qui finira donc de susciter un tollé. Mais, le matin du 13 août 2014, soit quarte (4) jours seulement après son retour au bercail, le Colonel Abdoulaye Aziz Ndao, est mis aux arrêts pour 30 jours – ramenés à 60 jours par le ministre des Forces armées - à la caserne Samba Diéry Diallo, le temps que l’instruction suive son cours. L’année 2014 a été également marquée par les nombreux dossiers judiciaires ouverts à l’issue des résultats des élections locales et municipales du 29 juin.
De Podor à Louga en passant par Saint-Louis, les prolongations ont été jouées devant les cours et tribunaux. Mais, la bataille judiciaire, qui avait attiré l’attention de plus d’un, est celle de Podor opposant Me Aissata Tall Sall à Mamadou Racine Sy. Même si la cour d’Appel de Saint-Louis avait jugé, le 13 août dernier, en faveur de ce dernier, il a fallu un mois pour que la Cour suprême infirme cette décision et restitue à Aissata Tal Sall la commune de Podor.
Libération