Retour d’Ebola en Guinée / Yaya Baldé, médecin chef de région de Kolda : « Notre volonté c’est de n’être surpris par aucun cas d’Ebola au vu du dispositif de riposte sanitaire… Nous allons renforcer la surveillance frontalière… »


Avec le retour de la fièvre hémorragique d’Ebola en Guinée Conakry ces derniers jours, avec 7 cas positifs dont 3 décès, le médecin-chef de région de Kolda, le Dr Yaya Baldé nous a reçu. La région de Kolda partage une large bande frontalière avec la Guinée Conakry avec un flux migratoire important polarisé par le marché hebdomadaire de Diaobé. Comme la Covid-19, Ebola aussi étant très contagieuse et mortelle, c’est pourquoi, il a apporté plus de précision sur la lutte contre cette maladie. 

À l'en croire, « notre volonté c’est de n’être surpris par aucun cas d’Ebola au vu du dispositif de riposte sanitaire mis en place. Pour la première crise d’Ebola dans cette république,  des cellules d’alerte et de veille avaient été formées pour détecter d’éventuels cas suspects. Il suffit juste de les réactiver comme les comités départementaux de lutte. D’ailleurs, nous venons de boucler une supervision d’une semaine de l’ensemble des postes frontaliers de la région dans le cadre de la surveillance épidémiologique.» 

La première épidémie à virus d’Ebola en Guinée Conakry (2014/2016) avait conduit à la fermeture du marché hebdomadaire de Diaobé avec un dispositif de riposte sanitaire qui avait fait ses résultats. 

D’ailleurs, aujourd’hui, la retraite spirituelle de Médina Gounass appelée (daaka) a été repoussée jusqu’au mois de mai prochain. Ce report du (daaka) coïncide avec le retour d’Ebola en Guinée Conakry où quittent chaque année des milliers de pèlerins pour se rendre à cette retraite spirituelle. 

Yaya Baldé de poursuivre en ces termes : « les mesures contre Ebola sont toujours d’actualité. La surveillance au niveau des frontières n’a jamais cessé, au contraire elle a été renforcée. Aujourd’hui les postes frontaliers du Sénégal dont ceux de la Guinée Conakry sont sous surveillance multisectorielle (forces de défense et de sécurité, les postes de santé, le dispositif communautaire d’alerte et de veille). Avec ce dispositif, si aujourd’hui un étranger traversait les frontières sans passer par les points officiels, il sera vite signalé par les relais communautaires villageois. Ces derniers sont formés à ces maladies appelées fièvre hémorragique dont fait partie Ebola. Certainement avec ce dispositif, tout cas suspect serait automatiquement circonscrit. » 

Aujourd’hui, selon lui, il faut renforcer la sensibilisation même si les populations connaissent la gravité de la maladie à virus Ébola. Il précise : « ce n’est pas la psychose qui règle le problème,  mais la vigilance. Le comité d’alerte et de veille existe déjà, il faut seulement le renforcer face au retour de cette maladie en Guinée Conakry... » 
Lundi 15 Février 2021
Dakaractu



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