« Résistances féministes » : Le réseau "Siggil Jigeen" annonce son nouveau programme triennal de 1 million d’euros pour lutter contre les VBG en Afrique de l’Ouest


La présidente du réseau Siggil Jigeen, Safiétou Diop, a annoncé ce week-end, un programme triennal de lutte contre les violences basées sur le genre, à l’issue du forum international tenu à Dakar avec l’ensemble des partenaires à travers un consortium constitué autour de ce projet. 

En effet, 30 ans après la déclaration de Beijing et alors que les États africains ont signé, ratifié et harmonisé de nombreuses conventions relatives aux droits des femmes, Safiétou Diop constate, à l’occasion de ce quatrième forum international d’évaluation du statut des femmes, un écart persistant entre les cadres légaux et le vécu quotidien des femmes et des jeunes filles. Selon elle, ce constat dépasse l’Afrique de l’Ouest car, en réalité, malgré les discours, le machisme progresse partout dans le monde et particulièrement sur le continent africain avec la montée des mouvements fondamentalistes, dont les droits des femmes subissent les assauts, sans que les États disposent toujours de la rigueur nécessaire pour appliquer le droit.

 

C’est ce constat qui a conduit à l’élaboration de ce nouveau programme dénommé « Résistances féminines » de trois ans, doté d’un financement d’un million d’euros, couvrant cinq pays d’Afrique de l’Ouest notamment le Sénégal, la Gambie, la Mauritanie, la Guinée-Bissau et le Nigeria en partenariat avec des organisations catalanes, a rappelé la présidente du réseau Siggil Jigeen.

 

 

Le programme s’articule autour de trois axes. Le premier consiste à interpeller les décideurs et institutions sur le respect de leurs engagements et l’application effective du droit, qu’elle illustre par une série de lois sénégalaises : la loi sur l’excision de 1999, la loi sur la santé de la reproduction de 2005, la loi de lutte contre le VIH de 2010, la loi sur la parité de 2020, ainsi que la loi criminalisant le viol et la pédophilie. Le deuxième axe vise à préparer et former les agents chargés d’appliquer le droit et d’assurer la protection police, secteur de la santé, etc. Le troisième s’adresse directement aux communautés, dans une logique de changement des mentalités plutôt que de seule application légale, en construisant des alliances communautaires fondées sur la sensibilisation aux droits.

 

Interrogée sur la coordination avec d’autres initiatives portées par la société civile, elle souligne que celle-ci ne manque pas d’initiatives, mais qu’il s’agit désormais de les coordonner et de les mettre en synergie face à ce qu’elle qualifie de défi de grande ampleur que représente le patriarcat, en misant sur le réseautage pour aboutir à des solutions concrètes avec les communautés.

Dimanche 21 Juin 2026
Dakaractu