[ Reportage] Dans les coulisses des ateliers de tapisserie : entre passion, résilience et fierté locale


Dans les ruelles sablonneuses des unités 08 et 15, jusqu’au marché Dior des Parcelles Assainies,  vivent et travaillent des artisans dont le métier, aussi discret que fondamental, façonne notre quotidien, eux ce sont les tapissiers. Dans un contexte marqué par la concurrence féroce des meubles importés, ces hommes de l’ombre luttent pour faire valoir un savoir-faire local, noble et créatif, c'est ainsi qu'une équipe de Dakaractu est allée à leur rencontre. 

Parmi eux, Mamadou Diop, rencontré dans son atelier regorgeant de fauteuils fatigués et de banquettes déformées, incarne la passion du métier. Fier défenseur du consommer local, il restaure, fabrique et réinvente avec patience et talent. « Nos meubles n’ont rien à envier à ceux qui viennent de l’étranger. C’est juste qu’on manque de visibilité », confie-t-il.

 
Valorisation du savoir-faire local
 

À l’unité 08, Niang Mballo nous accueille en plein travail. Devant lui, une chaise désossée, entre ses mains expertes, retrouve une nouvelle vie. Travaillant aussi bien sur du mobilier local qu’importé, il manie ses outils avec la rigueur d’un orfèvre. Sur les secrets de fabrication ? Silence. Son savoir-faire est son trésor, hérité, transmis, et jalousement protégé.
 

Un héritage familial...
 

Au marché Dior, Bada Seck, un tapissier d’une cinquantaine d’années, perpétue l’héritage de son père. Aujourd’hui, il initie son propre fils aux gestes, à la rigueur et à la patience du métier. « Nous devons nous améliorer chaque jour, pour fidéliser nos clients et préserver la crédibilité de l’artisanat local », affirme M. Seck.

Malgré des conditions de travail souvent éprouvantes, ces artisans affirment vivre dignement de leur métier. S’ils ne roulent pas sur l’or, leur travail leur permet de subvenir aux besoins de leurs familles. Et c’est là, pour eux, la vraie richesse.

Samedi 28 Juin 2025
Sveltane Aline Assine (Stagiaire)