C’est sous la présidence du Général Birame Diop, Ministre des Forces armées, que s’est déroulée ce matin la cérémonie de rentrée académique 2025-2026 du Centre des Hautes Études de Défense et de Sécurité (CHEDS). Un événement marqué par l’affirmation des ambitions spatiales du Sénégal dans un contexte sécuritaire régional de plus en plus complexe.
L’Espace, nouveau théâtre de souveraineté
« La politique spatiale du Sénégal : enjeux et perspectives » – c’est le thème choisi pour cette rentrée qui marque un tournant dans la pensée stratégique sénégalaise. La leçon inaugurale sera assurée par le Professeur Gayane Faye, éminent enseignant-chercheur et Directeur du Laboratoire de Télédétection appliquée de l’UCAD, dont l’expertise constitue un pilier essentiel pour l’appropriation nationale des enjeux spatiaux.
Le lancement récent du satellite GAINDESAT-1A incarne cette nouvelle ambition. « Le Sénégal a choisi de sortir de la marginalisation qui a longtemps caractérisé les rapports de notre continent avec l’Espace », a déclaré le directeur du CHEDS dans son allocution. Ce satellite représente bien plus qu’un exploit technologique : il symbolise la maturité du pays et son choix d’affirmer sa souveraineté nationale en s’appuyant sur ses propres forces.
Des enjeux qui dépassent le spatial
Loin de se limiter au seul lancement de satellites, la politique spatiale sénégalaise englobe des dimensions multiples : maîtrise des données géospatiales, surveillance des frontières, gestion des catastrophes naturelles, développement durable et intégration du spatial dans les doctrines de défense. « Dans un contexte marqué par l’insécurité maritime dans le Golfe de Guinée, la pression extrémiste au niveau des frontières et les menaces asymétriques, les capacités spatiales constituent un multiplicateur de puissance non cinétique », a souligné le directeur, insistant sur le caractère stratégique de ces technologies dans un monde où l’information devient l’arme décisive.
Former l’élite sécuritaire de demain
Le CHEDS, qui accueille cette année les auditeurs des Masters en Défense, Sécurité et Paix, ainsi qu’en Sécurité nationale, se positionne comme un creuset de formation d’excellence. « Il ne s’agit pas d’une simple déclaration de principe, mais d’un engagement fort », a insisté le directeur, rappelant l’alignement de l’institution aux standards internationaux de l’ANAQ-SUP.
Les programmes intègrent désormais les nouvelles menaces : conflits hybrides, cybersécurité, souveraineté technologique, menaces transnationales. « Vous êtes appelés à jouer un rôle actif dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques en matière de sécurité », a-t-il lancé aux nouveaux auditeurs.
Un appel à l’industrie de défense nationale
Dans une perspective d’autonomie stratégique, le directeur du CHEDS a lancé un appel remarqué à l’industrie de défense naissante du pays pour qu’elle intègre la fabrication de métamatériaux indispensables à la pérennité des activités spatiales. Un signal fort en faveur d’une filière industrielle nationale dans un secteur hautement stratégique.
Une vision panafricaine
Au-delà des frontières nationales, le discours a résonné comme un appel à l’Afrique. « Il s’agit d’inscrire la parole des Africains dans l’agenda mondial des idées et opinions décisives qui guident le sort de notre planète », a conclu le directeur, plaçant les ambitions sénégalaises dans une perspective continentale.
Cette rentrée académique 2025-2026 du CHEDS marque ainsi une étape décisive dans la transformation du Sénégal en acteur spatial régional, démontrant que souveraineté technologique et excellence académique peuvent se conjuguer pour répondre aux défis sécuritaires du XXIe siècle.