Renouvellement du matériel roulant : Ces nouvelles mesures qui vont impacter le secteur du transport terrestre


À peine sortie de l’état d’urgence, l’Etat s’est lancé dans
de grands chantiers. Une série de mesures ont été prises par les autorités étatiques et parmi elles, celle qui porte sur le secteur du transport terrestre.

Me Oumar Youm, ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement qui a profité d’une rencontre avec des acteurs de son
département, a déploré la désorganisation notée dans les rangs des transporteurs. Il a aussi déploré un manque d’interlocuteur crédible dans le secteur du transport terrestre.

‘’Il n’y a aucun secteur qui peut évoluer si en face l’État n’a pas un interlocuteur crédible. On a vu qu’il y a beaucoup d’avocats au Sénégal, mais ils se sont trouvé un qui parle en leur nom. Tous les secteurs en ont choisi un. Il ne reste que le secteur du transport. Cela n’est pas bon pour un secteur. (…) Mais aujourd’hui, il n’existe aucune personne qui peut parler au nom des acteurs du transport, sans risquer d’être démenti par ses pairs.  Cela montre qu’il y a une division dans vos rangs. Alors que cela n’est pas bon dans un secteur. Il vous faut prendre en charge ce point. Voilà pourquoi dans la loi, il a été créé le Conseil national du transport terrestre (Cntt)’’, a dit Me Youm, en wolof, lors de cette rencontre tenue, après l’adoption à l’Assemblée nationale, le vendredi 26 Juin 2020, du projet de loi n°20/2020 portant orientation et organisation
des transports terrestres.

Le ministre, dans son allocution, a reproché aux acteurs du transport terrestre d’être ‘’le seul secteur où on voit et des chauffeurs et des transporteurs. Un syndicat formé par des employeurs et des salariés’’. Ce qui à ses yeux constitue une preuve manifeste de la désorganisation existant dans ce secteur d’où l’idée d’organiser des élections pour le choix des délégués. ‘’Nous voulons faire la part des choses. Dans ce Conseil national, nous allons organiser l’élection des chauffeurs. Vous aurez à choisir le nombre de délégués qui vont vous représenter. On aura aussi le collège des opérateurs, c’est-à-dire les propriétaires. Ainsi ces délégués élus par leurs pairs, accompagnés
de représentants de tous les départements ministériels impliqués dans le secteur du transport, formeront les membres de ce Conseil national. Le
président de ce conseil sera nommé par le président de la République ou bien il sera coopté à l’issue de concertations. Cela fait, l’État aura alors un interlocuteur fiable qui pourra parler au nom des acteurs du transport terrestre’’.

’Il ne sera plus question de proposer des textes de loi à l’Assemblée nationale …’’

Une fois cette structure en place, poursuit-il, ‘’il ne sera
plus question de proposer des textes de loi à l’Assemblée nationale ou de sortie de décret sans que ce conseil ne soit consulté. En plus le responsable de
cette entité sera dans toutes les missions du président de la République. C’est cela qui va valoriser votre organisation. Et c’est ainsi que l’Etat pourra avoir en face un interlocuteur crédible pouvant parler au nom des acteurs du transport’’.

Parlant toujours de ce dit Conseil national, le ministre en charge des transports terrestres indique qu’il ‘’se veut un moyen de mettre fin à cette division‘’. Ce avant d’annoncer une autre mesure phare qui cadre avec cette nouvelle loi. ‘’L’autre organe important qui verra le jour avec cette loi, c’est l’Agence de sécurité routière. (…). On compte valoriser le métier de chauffeur. Pour cela, l’État a prévu de mettre en place un Certificat d’aptitude professionnel (Cap). Ce, pour une valorisation des acquis qui permettra à l’acteur d’avoir des papiers et des diplômes. Dans le cadre du renouvellement, nous voulons une professionnalisation du métier de chauffeur. Il faut
reconnaitre qu’on ne peut pas parler de transport sans chauffeur. Mais il faut reconnaitre que ce sont des gens qui n’ont ni un temps de travail, ni un salaire
acceptable, ni temps de repos, encore moins de retraite. Et cela est anormal, les textes sont là, il faut qu’on les applique. Il faut que les chauffeurs
aient des contrats de travail, des versements de cotisations sociales et une pension à la retraite. La loi a prévu tout cela. Et nous allons entamer son application quand arrivera le moment de procéder au renouvellement du matériel roulant. Aucun opérateur ne pourra recevoir de clé, au moment des
renouvellements, sans la présentation du contrat du chauffeur titulaire et les détails des conditions de travail. Ce, pour nous permettre de voir si c’était
conforme avec ce que prévoit la loi’’, prévient Me Oumar Youm.

Une décision qu’il trouve légitime. Parce que, selon
lui, ‘’il n’est pas entendu que l’État injecte des milliards pour le renouvellement du matériel roulant sans des changements positifs notoires. Il nous faut d’abord changer les choses. Il faut que les chauffeurs soient protégés socialement, que les salaires soient garantis et qu’ils puissent avoir un traitement salarial honorable. On va profiter du renouvellement pour mettre les conditionnalités d’accès à ces fonctions’’, avait-il déclaré.
Lundi 7 Septembre 2020
Dakaractu




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