Le journaliste René Capain Bassène a recouvré la liberté après qu’une grâce présidentielle lui a été accordée par le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité dans le cadre du dossier de la tuerie de Boffa-Bayotte, il était derrière les barreaux depuis son arrestation à Ziguinchor en janvier 2018, soit plus de sept ans de détention.
Pour rappel, le 6 janvier 2018, 14 coupeurs de bois avaient été massacrés dans la forêt des Bayottes, près de la frontière avec la Guinée-Bissau, en Casamance. Bassène, journaliste et auteur de plusieurs ouvrages sur le conflit casamançais, avait été poursuivi pour complicité dans ce crime, parmi de nombreux autres chefs d’inculpation. En juin 2022, un tribunal casamançais l’avait condamné à la perpétuité, une peine confirmée en appel par la Cour de Ziguinchor en août 2024, alors même que son coaccusé Oumar Ampoï Bodian était acquitté et remis en liberté. En mai 2025, la Cour suprême du Sénégal avait à son tour rejeté le dernier pourvoi en cassation, rendant la condamnation définitive.
Il restait ainsi le seul détenu dans cette affaire, sur la vingtaine de personnes interpellées à l’origine, tous les autres ayant été libérés. Cette situation avait alimenté une mobilisation croissante en sa faveur. Des organisations de la société civile, des organisations de presse nationales et internationales, ainsi que des défenseurs des droits humains avaient multiplié les appels au chef de l’État pour qu’il use de son pouvoir constitutionnel de grâce. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) avait qualifié sa condamnation de l’une des pires erreurs judiciaires du Sénégal, estimant qu’un journaliste ayant consacré sa carrière à documenter et tenter de résoudre le conflit casamançais se retrouvait incarcéré pour un crime qu’il n’aurait pu commettre.
Auteur de trois ouvrages sur le conflit entre le MFDC et l’État du Sénégal, Bassène avait par ailleurs été opéré du tympan droit en juin 2025 à l’hôpital Aristide Le Dantec de Dakar, une perforation résultant, selon ses soutiens, d’un interrogatoire abusif subi lors de sa garde à vue en 2018.