Remise du Prix Macky Sall pour le dialogue en Afrique : Me Sidiki Kaba rend hommage à Sa Majesté le Moro Naaba (Allocution)


Remise du Prix Macky Sall pour le dialogue en Afrique : Me Sidiki  Kaba rend hommage à  Sa Majesté le Moro Naaba (Allocution)

NEYI BEOGO NAABA, PRESIDENT MACKY SALL POUSDA MOOGHO NAABA NE KOUK ZIDDBA

 

Vous avez bien compris j’ai dit « Bonjour Mogho Naaba, le Président Macky SALL vous adresse ses salutations respectueuses ainsi qu’a la Cour royale ».

 

Mesdames et messieurs,

Permettez-moi de remercier le Président du FASO Roch Marc Christian KABORE pour l’accueil chaleureux qu’il nous a réservé depuis que nous avons foulé le sol de cette belle capitale. IL n’a ménagé aucun effort pour la réussite totale de cette cérémonie.

 

Le Président de la République du Sénégal, Son Excellence Macky SALL, m’a chargé de vois transmettre des fraternelles félicitations au Mogho Naaba et à l’ensemble des participants à cette cérémonie.

 

Je voudrais également remercier, du fond du coeur son Excellence Alpha BARRY, Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des burkinabé de l’Extérieur pour l’accueil chaleureux et pour les marques d’attention qu’il n’a cessé de nous témoigner.

 

Je voudrais aussi féliciter chaleureusement MonsieurDeo Hakizimana, Président du Centre Indépendant de Recherche et d’Initiatives pour le Développement (CIRID), d’avoir porté sur les fonts baptismaux, il y’a 21 ans, une organisation qui a acquis une visibilité internationale et une grande notoriété.

 

Je salue sa persévérance, son abnégation et sa volonté résolue de défendre les valeurs d’humanisme et celles de paix essentielles pour la préservation de la dignité humaine.

 

Vous avez fait le pari hardi de créer le Prix Macky SALL pour le Dialogue en Afrique le 22 mars 2016 à Genève. J’y étais, c’était un moment fort et plein d’émotion.  Votre choix est judicieux, éclairé et pertinent.

 

Le Parrain du Prix, le Président de la République du Sénégal Macky SALL est un homme ouvert, un homme de dialogue, un humaniste et un panafricaniste.

 

Il croit aux vertus salvatrices du  dialogue qui structure sa vision politique, économique, sociale et culturelle du développement.

 

Le Plan Sénégal émergent (PSE), le Programme d’urgence de développement économique (PUDC), le Programme d’urgence de modernisation des axes et des territoires (PUMA), le recours constant au dialogue politique et social pour résoudre les inévitables querelles qui nourrissent la vie démocratique d’une nation, la recherche permanente du consensus, la mise en route du dialogue des territoires et l’instauration d’un journée nationale du dialogue le 28 mai en sont une parfaite illustration.

Sa contribution à la résolution des crises au Burkina FASO, au Burundi et en Gambie montrent à suffisance son attachement indéfectible au dialogue.

 

Le Dialogue qu’il promeut n’est point une abdication face à la menace, il n’est point non plus le signe d’une certaine faiblesse.

 

Il est avant tout et surtout, l’expression d’une conviction forte qui s’abreuve aux sources millénaires de la sagesse africaine.

 

Celles de la charte de Kouroukanfouga du Mande du 13eme siècle qui sacralise la valeur de la vie et de la dignité humaine.

 

Celles d’un islam confessionnel qui a façonné notre conscience et modélisé notre système d’organisation sociale sur la base essentielle des valeurs de piété, de tolérance et de paix que les grandes figurent religieuses sénégalaises comme El Hadji Oumar TALL, Cheikh Ahmadou Bamba, El Hadji Malick SY, Cheikh Ibrahima NIASS, Imamou Laye… ont stoïquement porté.

 

Celles des autorités coutumières confondues dont l’un des illustres représentants est présent dans cette salle. Je veux nommer le Grand Serigne de Dakar, Papa Ibrahima DIAGNE.

 

Les leçons imprescriptibles que nous devons retenir de ce legs culturel, cultuel et religieux est que le dialogue est un puissant vecteur de prévention, de gestion et résolution des crises voire des conflits.

 

Le Dialogue n’est pas un mot stérile. C’est un concept fertile.

 

Sa pratique exige du courage, de la vertu et de la force. Car il est l’arme des courageux, des vertueux et des forts.

 

Il est l’arme de ceux qui savent s’arracher des sentiments nihilistes de peur, de vanité, d’orgueil et de vengeance qui sont productrice de violence.

 

 Il est l’arme de ceux qui s’investissent corps et âme pour que des hommes et des femmes se concilient et se réconcilient autour des valeurs essentielles.

 

Il est un outil prépondérant pour baliser la voie à des compromis dynamiques qui permettent de transcender les rivalités ou les contradictions contingentes du moment.

 

Il exige de ses promoteurs et de ses pratiquants de la ténacité, de l’endurance, de l’humilité et de la responsabilité.

 

Les illustres devanciers, comme Ghandi, Martin Luther KING ou Mandela qui ont recouru à cet exercice ardu et difficile, ont ouvert à leurs peuples, le chemin de la liberté, de la justice et du progrès. Car ils leur ont évité la guerre aux effets dévastateurs tant sur le plan individuel que collectif.

 

Je crois, me semble-t-il, que ceux qui annoncent la Fin de l’Histoire et le choc des civilisations tel que le philosophe américain Samuel Huntington ont torts, ils se trompent.

 

L’humanité a plutôt besoin du dialogue des cultures pour faire face aux terribles menaces que sont le terrorisme, l’extrémisme violent, les crimes transnationaux, le changement climatique…et le retour impromptu du crime contre l’humanité qui est l’esclavage des jeunes africains en Libye.

Une pratique abjecte, attentatoire à la dignité humaine qui exige une mobilisation exceptionnelle des Etats africains et de la Communauté internationale pour l’éradiquer dans les meilleurs délais.

 

Mesdames et messieurs,

 

Permettez-moi de magnifier encore l’action du Dr Hakizimana et de son équipe sur le choix porté  sur le Mogho Naaba.

 

Votre choix est lumineux, plausible et légitime.

 

En attribuant le Prix Macky SALL à Sa Majesté Mogho Naaba Baongho, vous honorez une grande figure de l’histoire du Faso et de l’Afrique toute entière.

 

C’est une manière de restituer, dans ce monde si tourmenté et dans cette Afrique aux repères culturels dangereusement menacés, un symbole de valeurs à sauvegarder, à protéger et à entretenir.

 

Sa Majesté le Mogho Naaba Baongho incarne l’immense trésor culturel légué aux nouvelles générations par son ancêtre Oubri, petit-fils d’Ouédraogo, fondateur du Royaume Mossi et héritier de la légendaire Yeninga.

 

Ainsi ce Prix magnifie, dans une sublime beauté, une autorité coutumière qui symbolise les valeurs d’unité, de paix et de stabilité nécessaires pour nous mettre à l’abri des identités meurtrières selon la belle formule du philosophe libanais Amin Maalouf.

Sa Majesté Mogho Naaba Baongho vous méritez votre prix. Vous êtes un rassembleur, un unificateur et un pacificateur.

 

Vous êtes craint mais aimé et respecté des burkinabé; Vous êtes admiré au delà des frontières du Burkina.

 

Vous êtes un pôle fédérateur.

 

Votre contribution exceptionnelle à la résolution de la dernière crise de 2014 a mis votre pays à l’abri d’une guerre civile qui se profilait .

Vous êtes un excellent médiateur qui a la confiance de tous les protagonistes des conflits.

 

C’est donc un moment magique de ressourcement et de résilience qui postule l’impérieuse nécessité de pérenniser la culture du dialogue et de la paix.

 

Celle-ci doit être au cœur de notre commune volonté de vivre ensemble, elle doit avoir pour socle l’éducation, ce puissant levier qui nous éloigne du naufrage qu’est l’ignorance.

 

Mesdames et messieurs,

Au demeurant, je voudrais insister sur le rôle fondamental de l’éducation. Elle doit commencer dans les foyers et se poursuivre à l’école, dans les collèges et à l’université.

 

Il faut, dès le jeune âge, inculquer les valeurs de tolérance, de respect mutuel, de compréhension réciproque, de convivialité, de partage et de solidarité pour créer les fondements d’une société harmonieuse sur la base de l’égalité et de la fraternité.

 

L’exercice de la citoyenneté et du civisme doit s’appuyer sur ces valeurs fondamentales qui sous-tendent la culture du dialogue et de la paix en rejetant celle de la guerre et de la confrontation.

 

Et c’est sur cette voie que nous pourrons véritablement forger des sociétés africaines modernes, pacifiées et aptes à prendre leur destin en mains sur le chemin du développement.

 

 

Nous avons besoin d’espoir et d’espérance pour bâtir un monde de liberté, de prospérité  et de paix qui offre à chaque être humain la même chance pour réaliser ses rêves et à la jeunesse d’avoir un avenir meilleur et équitable.

 

BARAK WOUSSO KO NAABA.

 

Je vous remercie de votre aimable attention

Jeudi 21 Décembre 2017




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