Relance de l’économie / PAP2A accéléré : Les véritables raisons d’un remaniement.


Le 05 octobre 2020, lors du conseil présidentiel sur la relance, tenu à Diamniadio, le chef de l’État Macky Sall avait clairement indiqué les limites de l’action l'action gouvernementale.

En effet, avait-il dit,  « il y'a des cohérences à mettre ensemble. On est obligé d'harmoniser et de rationnaliser parce que c'est le même État, il faut que son action soit efficace. Si on partitionne chaque chose, chacun on lui donne sa petite sucette, certes il y aura un peu de sucre dans la bouche etc..., mais il n'y aura pas une efficacité globale. »

Il faut le rappeler au Sénégal il y a beaucoup trop de programme et d'agences. Pour les seules agences ce sont 450 milliards en transfert au titre 5 et 6 du budget. C’est l'équivalent de notre moins-value fiscale en 2020 en raison de Covid-19 et c’est 1/5e du budget de l’État. « On est obligé d'harmonier et de rationaliser », avait dit Macky Sall.

Et d’ajouter : « il faut faire les réformes, moi j'assume, les ministres qui ne veulent pas assumer, il faut qu'ils le disent. Il faut qu'on bouge, il faut que les choses bougent. On touche, on laisse, on revient et après l’année prochaine, non vraiment, il faut que les réformes soient achevées. Vraiment, je souhaite que ses réformes qui sont à notre portée soient faites parce que c'est là où le bât blesse. Au niveau des réformes, malgré tout, ce qui a été dit, il faudrait maintenant que l’application se fasse sans problème. Je le dis avec beaucoup de sérieux, il faut qu'on avance vers plus de sérieux. Il faut faire des réformes, vous amenez les textes on les faits et puis on avance. Si on ne fait pas de réforme, il n'y aura pas d’argent, ça je peux vous le garantir. Moi, je ne mettrai plus autant de milliards dans un secteur où il n'y a aucune réforme. Réforme argent, pas de réforme pas d’argent. »

Pour montrer qu’il tient à la mise en œuvre des réformes, le chef de l’Etat avait invité le ministre de l’économie du plan et de la coopération à présenter en conseil des ministres le cadre juridique réformé qui devrait régir le partenariat public privé et finaliser la création du fonds d’amorçage, de restructuration et de préparation de projet. Ainsi que la mise en place des différents mécanismes de financement innovants prévus pour la relance. Parce que pour réussir la relance il faut des sous. Pour trouver de l’argent doit-on continuer à utiliser pour 30 agences, 211 milliards en salaires ? Ce qui fait que la masse salariale réelle de l'État tournerait autour d’au moins 1000 milliards par an. C’est-à-dire au moins 90 milliards par mois, alors que les recettes mensuelles font au maximum 120 milliards.

Ainsi donc, le cumul des salaires (90 milliards), le service de la dette et les investissements (90 milliards) dépasse de loin les recettes mensuelles qui font 120 milliards. Voilà pourquoi le Sénégal va sur le marché pour chercher l'équivalent de 50 milliards par mois.  Il faut donc nécessairement resserrer. Il faut donc réduire le train de vie de l’État. Mais il faut surtout des ministres qui bougent...
Dimanche 1 Novembre 2020
Dakaractu




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