Rejet du PLFR 2026 : La majorité parlementaire PASTEF donne ses raisons


Le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 reste bloqué à l'Assemblée nationale. La Commission des finances et du contrôle budgétaire l'a rejeté à la majorité ce vendredi, après le renvoi demandé par le gouvernement. Le groupe parlementaire PASTEF-Les Patriotes, formation au pouvoir, a annoncé dans la foulée qu'il ne l'adopterait pas en l'état. Le texte avait été examiné en plénière en début de semaine, avant d'être renvoyé en commission. Le gouvernement avait demandé et obtenu ce renvoi en s'appuyant sur l'article 84 du règlement intérieur de l'Assemblée. Il avait ensuite répondu aux préoccupations de la commission, formulées dans un mémorandum du 26 octobre, par un document daté du 29 octobre. Celui-ci détaille notamment les contraintes budgétaires, le financement du déficit, les subventions à l'énergie et le règlement des arriérés de paiement.

 

Ces explications n'ont pas convaincu les députés de PASTEF. Dans leur communiqué, ils jugent les réponses du ministre de l'Économie, des Finances et du Plan « insuffisantes et insatisfaisantes ». Ils reprochent aussi au gouvernement de n'avoir apporté aucune modification au texte présenté lors du premier examen en commission. Le groupe y dénonce une « position rigide » de l'exécutif.

 

PASTEF énumère cinq points de désaccord : le manque de sincérité budgétaire sur le déficit et la dette, l'inefficacité des mesures contre la cherté de la vie, l'incohérence des choix d'investissement public et des priorités sociales, un déficit de transparence et le refus de rationaliser les agences et d'encadrer les fonds spéciaux. Sur la transparence, le groupe cite le refus persistant de communiquer plusieurs documents, dont le rapport Forvis Mazars, le rapport de l'Inspection générale des finances (IGF) sur la dette non financière, le rapport d'exécution budgétaire de septembre 2026 et la liste des bénéficiaires de transferts en 2026.

Ce n'est pas le premier rejet : PASTEF avait déjà refusé le texte en commission le 23 octobre, selon Seneweb. 

 

Le groupe affirme toutefois rester ouvert au dialogue, en vue d'un budget qu'il souhaite sincère, réaliste et tourné vers les préoccupations économiques et sociales des Sénégalais. Reste à savoir si le gouvernement amendera son texte ou maintiendra sa position.

Vendredi 30 Octobre 2026
Dakaractu