Régulation des médias en ligne, application du code de la presse, remplacement du Cnra : Les acteurs apportent des précisions.


Interpellé sur l’impuissance de l’État face aux acteurs des médias en ligne lors d’un webinaire tenu ce mercredi 6 janvier, le président de l’association des professionnels de la presse en ligne (Appel) soutient que c’est plus un problème de volonté que de moyens parce qu’aujourd’hui les acteurs ont proposé un certain nombre de dispositifs dans le code de la presse. Selon Ibrahima Lissa Faye, il y a aujourd’hui tout un arsenal qui peut permettre une bonne régulation s’il est appliqué convenablement.

« C’est le code de la presse que l’on veut qu’il soit applicable dans toute sa plénitude. Pour que cela puisse être possible, il faut que les décrets, arrêtés et lois soient validés. (…) Le Cnra lors de sa création n’a pas pris en charge la presse en ligne qui à l’époque était méconnue. Aujourd’hui, cela a beaucoup changé, il y’a un nouveau code avec ses textes d’application qui prévoit l’Arca et cette dernière on doit lui conférer beaucoup de pouvoir parce qu’il y a beaucoup de dérives et si on ne fait pas attention la presse risque malheureusement de créer des tensions sociales », note Ibrahima Lissa Faye.

Le directeur de cabinet du patron du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra), Matar Sall, lors de ce panel en ligne, est revenu sur le code de la presse qui fait sujet de débats ces temps-ci. Selon lui, il est nécessaire de faire une distinction entre « les textes transitoires qui complètent le code de la presse et les textes d’application qui proposent la création d’un nouvel organe de régulation ».

Ainsi, il souligne que « depuis l’adoption de la loi portant code de la presse, le Cnra a la possibilité d’intervenir sur l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeurs de la population audiovisuelle ». Ce, pour préciser que «le nouveau code de la presse ne supprime pas le Cnra. Car, ce dernier hérite des prérogatives prévues dans ce code ».

Ndiaga Guèye, président de l’Association des usagers des TIC, quant à lui, a axé son speech sur la question de l’élaboration d’une nouvelle réglementation avant de faire savoir aux autres panélistes qu’il reste toujours sur sa faim concernant le code de la presse.

Dr Nafissatou Diouf, journaliste à la RTS et par ailleurs directrice de la cellule Communication Relations Publiques Numériques, lors de sa prise de parole, a précisé qu’on n’a jamais eu un code de la presse au Sénégal. C’était une loi qui réglementait la presse. »

S’exprimant sur l’application de la loi portant code de la presse, elle soutient : «Il ne faut pas avoir peur des répressions. Aujourd’hui, la population sur internet va bientôt avoisiner la population du Sénégal. Il faut un arsenal juridique très justement pour aller affronter ceci. Nous sommes depuis près d’un an dans une crise sanitaire sans précédent où le numérique est en train de se frayer un chemin. Le numérique est là, les médias sont là, il faudrait davantage que nous puissions circonscrire tout ceci pour le bénéfice des populations au nom de l’équité et de l'égalité des chances », dit-elle.
Jeudi 7 Janvier 2021
Dakaractu




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