Réforme de la gouvernance économique financière mondiale/ Macky Sall aux partenaires: « la célérité n’est pas en opposition avec la transparence. Je me demande pourquoi nous dépassons rarement les 10% de décaissement... »


Le président Macky Sall co-parrain du sommet tenu à Paris ce 18 mai sur le financement des économies africaines, sur la question relative à la gouvernance économique et financière mondiale, le chef de l’État estime que c’est une question qui doit être bien étudiée surtout dans ce contexte de pandémie où l’Afrique est bien affaiblie.
« Nous avons un cadre macroéconomique qui est un cadre convenu (même si c’est une convenance forcée car les pays africains n’ayant pas le choix). Ce sont donc, des règles qui sont fixées et sur lesquelles nous nous conformons », précise le président de la République.
Un cadre de déficit qui était de 3% était donc la règle convenue avec plusieurs bailleurs. D’ailleurs, dès que cela dépassait un peu ce pourcentage, c’était un vrai casse-tête avec eux (les partenaires financiers).
« Nous ne pouvons pas aller en endettement au-delà de 70% de notre PIB alors que nous nous endettons pour l’investissement public. Il faut rappeler que nos États sont en voie de développement, tout est donc à créer. Alors que l’État est le seul agent économique (il construit les écoles, les routes, donne des bourses aux étudiants etc.) »
Le président Macky Sall, de considérer que les sociétés nationales qui font de la prestation ou qui acquièrent des actifs, tout cela est mis sur l’endettement de l’État. C’est pourquoi, le chef de l’État estime qu’atteindre les 70% devient extrêmement facile. « Il faut savoir que dans ce cas précis, si la donne ne change pas, nous risquons de ne pas consommer ces dettes »,  souligne encore le président de la République.
Il est vrai, selon le chef de l'État, que « nous devons nous engager en tant qu’africains, sur la mobilisation de nos recettes internes, sur la transparence budgétaire et sur les efforts que nous-mêmes, sommes obligés de faire pour mériter la confiance de nos partenaires ». Sur cet aspect, le président Macky Sall profitera pour lancer un appel aux partenaires: « Il faut se rappeler que la célérité n’est pas en opposition avec la transparence. On ne peut pas donc considérer que tout ce qui ne passe pas par des procédures administratives voire bureaucratiques n’est pas transparent. Certes, il y’a des efforts internes que nous devons mener à travers la digitalisation de nos administrations, car c’est devenu incontournable. »
 
Il faudra que les partenaires puissent accepter de construire avec l’Afrique des procédures communes, convenues, afin que les ressources mobilisées soient réellement consommées. « Je me demande même pourquoi dans la plupart des portefeuilles avec nos partenaires, rarement on dépasse les 10%. Alors qu’il y’a de gros montant qui sont signalés mais qu’on n’arrive pas à engager parce qu’il y’a les non-objection qui prennent du temps et des procédures parfois impossibles », dénonce le président de la République qui estime qu’il faut harmoniser ce cadre pour que tous ceux qui acceptent ce new deal puissent s’accorder sur les procédures...
 
 
 
 
 
 
Mercredi 19 Mai 2021
Dakaractu




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