Récusation d'un conflit inter-ethnique dans le centre du Mali : IBK est-il dans le déni ?


Récusation d'un conflit inter-ethnique dans le centre du Mali : IBK est-il dans le déni ?
Le président malien était au village dogon, Sobane Da qui a été attaqué le 9 juin dernier par des hommes armés. IBK a, à cette occasion, récusé tout conflit inter-ethnique dans le centre du Mali. "Il n'y a aucune espèce de conflit inter-ethnique dans notre pays", a-t-il refusé d'admettre. Le chef de l'État malien préfère croire à l'existence d'un complot visant à déstabiliser le Mali. Il a appelé ses compatriotes à un sursaut salvateur.
Mais nombreux sont les citoyens maliens et les experts qui sont convaincus que le président malien est dans le déni. Pour ces derniers, IBK préfère se cacher derrière ce postulat que de voir l'évidence, à savoir l'installation dangereuse dans le centre du Mali d'un conflit opposant ouvertement dogons et peulhs.
En mars dernier, Ogossagou, un village peulh a été attaqué et près de deux cent (200) civils ont été tués d'une manière atroce. Tout simplement parce qu'ils étaient peulhs. 
La milice dogon Dan na Ambassagou a été pointée du doigt. Elle a plaidé non coupable et a refusé la dissolution décidée par le gouvernement suite à cet évènement malheureux.
Quelques semaines plus tard, précisément le 09 juin dernier, c'est un village dogon qui fait l'objet d'une attaque. Détail intéressant, des membres de la milice accusée d'avoir perpétré l'horreur de mars dernier, seraient originaires de Sodane Da. Le raid n'a pas été revendiqué, mais tous les indices convergent vers les milices peulhs, de connivence avec les jihadistes. 
À la lumière de ce qui précède, il apparait clairement qu'un dangereux cycle de violences soutenue par l'appartenance ethnique est en train de s'installer dans le centre du Mali. Si les autorités maliennes ne veulent pas le voir, elles risquent de rater le coche en se réfugiant derrière un complot qui n'existe que dans leur imagination.
En lieu et place de thèses complotistes, elles devraient prendre le taureau par les cornes et désarmer les milices.  À Sobane Da, IBK a pris des engagements dans ce sens, mais ça risque de ne pas être suivi par des actes concrets sur le terrain. 
Vendredi 14 Juin 2019
Dakaractu




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