Recettes en recul, pétrole en hausse : Pourquoi le Sénégal a besoin de revoir sa copie budgétaire ( Cheikh Diba, MEFP)


Le Sénégal a dû revoir sa copie budgétaire. Devant la presse, le ministre de l'Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a justifié le recours à une loi de finances rectificative (LFR) par une double pression : un manque à gagner sur les recettes et une flambée des dépenses, alimentée par la hausse des cours du pétrole.
 
Le ministre a rappelé qu'une LFR s'impose lorsque les équilibres budgétaires sont remis en cause, lorsque les dépenses évoluent de manière sensible ou lorsque des actes pris en cours d'année modifient les grandes lignes du budget. Ce texte fait apparaître une baisse de recettes de 340,3 milliards de francs CFA, qui provient, selon lui, « principalement, pour ne pas dire exclusivement », des contre-performances constatées dans la mise en œuvre de la loi de finances initiale. Le recul a toutefois été atténué par les résultats des régies financières. Les performances des douanes et des impôts ont permis de dépasser de 81,2 milliards de francs les objectifs fixés à fin septembre.
 
Côté dépenses, la loi de finances reposait sur un baril à 60 dollars. Or, depuis le 28 février, les cours ont dépassé les 110 dollars, avant de revenir autour de 100 dollars la veille de l'intervention. « Nous avions l'option de laisser les dépenses exploser. Mais cela n'aurait eu aucun sens au regard du travail mené ces deux dernières années », a affirmé Cheikh Diba, soulignant que ces efforts ont permis de stabiliser les finances publiques et de renforcer la confiance des partenaires.
 
Le ministre a évoqué le risque de voir le déficit filer vers 10 % du PIB, ce qui aurait alourdi un besoin de financement déjà évalué à 6 734 milliards de francs CFA. Sans action corrective, a-t-il prévenu, la couverture de ce besoin aurait été « extrêmement difficile ». Cheikh Diba est également revenu sur les arriérés intérieurs. À la suite des travaux déjà engagés, il a indiqué avoir demandé à l'Inspection générale des finances de reprendre l'ensemble du stock afin d'en mesurer l'incidence. L'apurement doit se poursuivre progressivement. La loi de finances initiale 2026 prévoit déjà 300 milliards de francs pour les entreprises concernées. L'objectif est de leur permettre de redémarrer, de finaliser les chantiers en cours et d'éviter un cercle vicieux préjudiciable à l'économie sénégalaise.
 
Relativement au financement, le ministre a indiqué que le besoin est en phase de bouclage. L'État intervient sur le marché financier chaque quinzaine, afin de mobiliser des ressources sur le marché régional plutôt que de recourir aux devises, une option jugée coûteuse. Cette réorientation stratégique vers le marché régional s'accompagne d'une opération lancée récemment, dont Cheikh Diba dit avoir signé tous les actes et dont le déploiement auprès des opérateurs est en cours. Elle doit permettre de couvrir l'essentiel du besoin de financement d'ici au 4 décembre.
Dimanche 25 Octobre 2026
Dakaractu