Re-Rentrée partielle 2019-2020 et problématique du port du masque facial.


Re-Rentrée partielle 2019-2020 et problématique du port du masque facial.

Nous y sommes enfin serait-on tenté de dire ! Oui la re-rentrée des élèves en classes d’examen. Plus de cinq cent mille (500.000) espérant décrocher, qui l’entrée en 6ème, qui le BFEM, qui le Bac. Nous leur souhaitons bonne chance au moment où ils seront seuls devant une feuille vierge de toute écriture et avec comme seul conseiller leurs cerveaux stockeurs de multitudes leçons comprises comme non comprises.

 

La temporalité est importante, ici, car il y a un temps à consommer avant d’arriver aux épreuves d’examens. Les épreuves dont nous voulons parler ne concernent ni les écoliers, ni les potaches mais bien l’État ou le Gouvernement qui fait fonctionner celui-ci actuellement.

 

En effet, il est beaucoup de points sur lesquels on pourrait disserter mais cela est soit derrière nous, soit largement ressassé déjà. Notre point de départ dans l’espace-temps a pour coordonnées : le mardi 2 juin 2020 à 8-9H du matin et partout dans les classes ouvertes et dédiées aux élèves ciblés jusqu’aux examens.

C’est un truisme que de rappeler qu’il est indispensable de respirer mais surtout de bien respirer pour espérer vivre. Dans cette contribution, il ne s’agira moins d’utiliser une terminologie « technico-médico-scientifique » que d’attirer l’attention et de proposer quelques recommandations simples.

 

Toute cette approche, un peu longue peut-être, nous renvoie finalement au masque facial. Dernièrement, nous avons vu le Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation ôter son masque presque machinalement car il étouffait. Je ne mets pas de guillemets car il étouffait visiblement après, je laisse à d’autres spécialistes de la communication de discuter sur la signification et le message que peut charrier un tel geste.

 

La respiration est un phénomène vital, naturel et spontané sauf en cas d’insuffisances broncho-respiratoires. Le masque facial étant un écran entre l’air ambient et l’entrée des voies respiratoires, ses caractéristiques doivent être en sorte qu’elles n’entravent ou ne perturbent pas les flux d’entrée (inspiration) et de sortie (expiration) de l’air. En effet, le flux entrant transporte l’oxygène nécessaire à l’oxygénation du sang via l’échange au niveau alvéolaire d’oxygène et de gaz carbonique extrait du sang pour être expiré. Il ne faudrait pas que le masque soit trop plaqué sur le visage entraînant un étouffement comme ce fut probablement le cas avec le MESRI ou une sensation d’étouffement. Cela peut provenir d’attaches (élastiques) trop courtes par rapport à la distance « oreilles-milieu des joues » et/ou un maillage de fils trop ténu de la matière première utilisée pour confectionner le masque.

 

L’idéal serait l’utilisation de masques pourvus de valve permettant une bonne expiration (FFP2 à valve par exemple). D’aucuns diront que le flux sortant par la valve peut contaminer les autres. D’accord mais il suffit que les voisins en portent aussi car ce type de masque protège celui qui le porte. Il est en papier donc jetable et non réutilisable donc plus sûr et plus hygiénique. Cela coûtera cher, certes, mais ne s’agit-il pas de bien protéger les générations futures qui nous succéderont.

 

Il faut apprendre, aussi, à respirer avec le masque comme on apprend à respirer pendant l’exercice physique ou comme quand les astronautes doivent utiliser le scaphandre pour sortir dans l’espace galactique.

Les masques doivent être adaptés à la taille des enfants notamment ceux de CM2, voire ceux de 3ème. 

 

Les élèves de CM2 peuvent éternuer dans les masques aussi ou se moucher. C’est pourquoi d’aucuns, y compris moi-même, se posent la question de la pertinence de l’enrôlement de ces derniers pour l’examen du CFEE qui ne sert plus à grand-chose de nos jours et de celle du concours de l’entrée en 6ème puisque les choses sont maintenant inversées…

 

Les salles doivent être ventilées sauf en cas d’épisodes de poussières désertiques (Le Centre de Gestion de la Qualité de l’Air (GCQA) pourra renseigner sur la qualité de l’air) surtout qu’on en attend dans la 1ère décade de juin justement annonçant l’hivernage notamment dans les régions septentrionales (Saint-Louis, Matam, Podor, etc.). Il serait même pertinent de garder les enfants à la maison en cas « d’alerte rouge ou orange » du CGQA).

 

Dans les salles disposant déjà de plafonniers, les pales de ceux-ci doivent être régulièrement nettoyées pour éviter la dispersion des particules de poussières qui s’y déposent. À défaut, il faudra des brasseurs d’air mobiles.

La durée d’une session de cours ne devrait pas excéder 45 minutes en salle pour permettre aux apprenants et aux enseignants de sortir pendant 10 minutes pour profiter d’un espace plus grand (dilution des sécrétions dans un volume d’air important) moyennant le respect de la distanciation physique.

 

J’interpelle mes collègues pneumologues, qui au demeurant, pourront rectifier les assertions d’un humble physico-chimiste de l’atmosphère. Pour la petite histoire, ma thèse a porté il y a bientôt 30 ans, sur « L’Etude de la composition particulaire de l’atmosphère par spectrométrie de vibration ». Un appareil, appelé « Impacteur en cascade » nous permettait de collectionner les particules atmosphériques dont le diamètre aérodynamique moyen est compris entre 0,35 et 2 microns. 

 

Les recherches bibliographiques de l’époque renseignaient que plus les particules sont fines, plus elles migrent profondément jusqu’aux alvéoles pulmonaires voire dans le sang. C’est ce qui m’a inspiré cette petite contribution.

 

Les collègues pneumologues devraient être mis à contribution pour mesurer en amont et régulièrement (à eux de déterminer la fréquence en tant qu’hommes ou femmes de l’art) en aval les capacités respiratoires des élèves mais aussi des enseignants. Il faut saluer la mesure de protection prise par le Ministère de l’Éducation nationale par rapport à ceux qui souffrent de problèmes respiratoires en général. Cela n’exclut pas pour autant les contrôles sur tous les autres en apparence « bien portants ».

Il ne reste plus qu’à souhaiter bon courage à toutes les parties prenantes notamment l’Etat et les parents.

 

Ps : Merci à mon camarade de classe au lycée Van Vo après notre exclusion du PMS. Il s’agit de Cheikh NDIAYE, DG du CICES qui a posté une contribution sur le port du masque sur sa page Facebook presque pendant que je pondais ce texte. Je l’encourage à continuer à éclairer sur beaucoup de questions qui nous interpellent en dehors de la politique politicienne…

 

Seydi Ababacar Sy NDIAYE

Président de la Coalition Nationale pour l’Education pour Tous (CNEPT)

Mardi 2 Juin 2020
Dakaractu




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