Le président Macky Sall avait tenu le premier Conseil des ministres « décentralisé » à Saint-Louis. Il n’avait pas rendu visite à une des autorités religieuses de cette vieille ville. C’est ce qui arriva quand il se rendit à Kaolack, fief de la communauté des Niassènes, et à Ziguinchor. Mais, pour le Conseil tenu à Diourbel, il a renversé la tendance. Macky a passé la veille la nuit à Touba. Il été reçu par le Khalife général des Mourides, Serigne Sidy Makhtar Mbacké, qui a hébergé la délégation gouvernementale. Il en a été de même hier. Aujourd’hui, le président fera la prière du Vendredi dans la grande mosquée de Cheikh Ahmadou Bamba. Son prédécesseur agissait ainsi. Macky est sur ses pas et risque de le dépasser. Car, si son prédécesseur avait lancé des chantiers pour la modernisation de la cité religieuse en 2006, qui devaient finir cette année, ils ont été arrêtés depuis 2009. Macky Sall a pris l’engagement de les relancer. Pour ce faire, il a ordonné le « règlement des instances de paiement du programme spécial de modernisation de la ville de Touba », comme mentionné dans le communiqué du Conseil des ministres d’hier. Les travaux vont reprendre. Mieux, le président de la République entend faire construire une autoroute qui reliera la sainte ville à la commune de Thiès, en passant par Diourbel. Le président Wade, malgré ses nombreuses et quotidiennes inspirations, n’avait pas pensé à un tel projet. Si Macky réussit à assainir, moderniser la ville de Touba et régler le problème de l’inondation autour de la grande mosquée, il s’assurera de la fidélité de l’électorat mouride. Si son projet d’autoroute se réalise, il a toutes les chances d’obtenir un deuxième mandat. Bref, rien n’est gratuit. C’est en véritable politique que Macky Sall s’est rendu à Touba. Le Conseil des ministres qu’il a présidé à Diourbel s’inscrit dans la même veine. Macky a été « maoïste ». Il sait que « tout est politique ».
Alioune Badara DIALLO - Loffice
Alioune Badara DIALLO - Loffice