Rapport Greenpeace : « Le pillage des poissons pélagiques des côtes de l’Afrique de l’Ouest pour nourrir des animaux en Europe est une pratique honteuse » (Dr Ibrahima Cissé)


Rapport Greenpeace : « Le pillage des poissons pélagiques des côtes de l’Afrique de l’Ouest pour nourrir des animaux en Europe est une pratique honteuse » (Dr Ibrahima Cissé)

Un demi-million de tonnes de petits poissons pélagiques est extrait chaque année le long des côtes de l’Afrique de l’Ouest et transformé en aliments pour l’aquaculture, l'agriculture et en produits alimentaires pour animaux. C’est ce qui ressort en tout cas, du nouveau rapport de Greenpeace et de Changing Markets.

 

Selon le rapport traité par « les échos », de grandes entreprises européennes sont à la source des conséquences dévastatrices du commerce de la farine et de l’huile de poisson en Afrique de l’Ouest. Le rapport « Nourrir un monstre : Comment les industries européennes de l’aquaculture et de l’alimentation animale volent la nourriture des communautés d’Afrique de l’Ouest », révèle comment plus d’un demi-million de tonnes de petits poissons pélagiques sont extraits chaque année le long des côtes d’Afrique de l’Ouest et transformés en aliments pour l’aquaculture et l’agriculture, en compléments alimentaires, en cosmétiques et en produits alimentaires pour animaux de compagnie hors du continent africain.

 

« Priver des millions de populations pour nourrir des animaux »

 

« Priver des millions de populations d’Afrique de l’Ouest de la source de protéines la plus fondamentale pour nourrir des animaux ou produire des compléments alimentaires pour animaux de compagnie, est une pratique honteuse et un mépris flagrant des lois locales et internationales. Le poisson propre à la consommation humaine ne devrait pas et ne doit plus jamais être volé aux communautés d’Afrique de l’Ouest pour répondre aux besoins d’autres pays », sérine-t-il.

 

De son côté, Alice Delemare Tangpuori, responsable des campagnes de Changing Markets, de se désoler de constater que « les exportations de farine et d’huile de poissons vers l’Europe détournent les moyens de subsistance des communautés côtières, en privant les populations d’une importante source de nourriture et d’un moyen de revenu. Les entreprises et les détaillants européens d’aliments aquacoles ne peuvent plus ignorer ce problème majeur de droits de l’homme et de l’environnement. Il est temps de repenser les chaînes d’approvisionnement et de supprimer rapidement l’utilisation de poissons sauvages dans la nourriture des poissons d’élevage et d’autres animaux », plaide de son côté, le responsable des campagnes de Changing Markets. 

 

« En saison froide au Sénégal, il est très difficile, voire impossible, de trouver des sardines aux points de débarquement habituels. Les conséquences sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations locales sont catastrophiques, ainsi que sur l’équilibre de la chaîne alimentaire en mer », a rétorqué le Dr Alassane Samba, ancien directeur du centre de recherche et directeur du centre de recherche océanographique de Dakar-Thiaroye au Sénégal. 

 

Fort de ce constat, Greenpeace Afrique et Changing Markets ont appelé les entreprises, les décideurs et le gouvernement à cesser de prélever du poisson propre à la consommation humaine en Afrique de l’Ouest pour alimenter la demande de farine et d’huile de poisson dans l’Union européenne et en Norvège.

Mercredi 2 Juin 2021
Dakaractu




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