Rapport 2019 de l’Ambassade des Etats-Unis : Les mauvaises notes de la traite des personnes au Sénégal

L’ambassade des États-Unis a publié en partenariat avec des ONG, un rapport (2019) de 10 pages consacré exclusivement à la « Traite des personnes au Sénégal ». Entre recommandations prioritaires et poursuites judiciaires, le travail est critique sur un phénomène très peu analysé.


Rapport 2019 de l’Ambassade des Etats-Unis : Les mauvaises notes de la traite des personnes au Sénégal
De nombreux «talibés», enfants pensionnaires d'écoles coraniques du Sénégal, restent victimes d'abus sévères et de négligences, a dénoncé l’ambassade des Etats-Unis dans son rapport 2019 sur la «Traite des Personnes au Sénégal».  

« Le gouvernement du Sénégal ne se conforme pas pleinement aux normes minimales pour l’élimination de la traite des personnes », indique le rapport publié en 2019, qui parle, tant bien que mal « des efforts importants dans ce sens ». Ce qui fait que le « Sénégal a donc été placé dans la catégorie supérieure, la Catégorie 2 ».

 

« Cependant, le gouvernement n’a pas satisfait aux normes minimales dans plusieurs domaines clés. Les responsables publics n’ont guère utilisé la loi de 2005 sur la lutte contre la traite pour poursuivre en justice les trafiquants, et toutes les peines imposées au cours de la période visée sauf deux étaient plus légères que les peines minimales prévues par la loi », lit-on dans le rapport de 10 pages, fruit d’un travail de fouille. Le représentant diplomatique des États-Unis à Dakar se désole du fait que « le gouvernement a condamné la plupart des personnes qui exploitaient des enfants par la mendicité forcée à des sanctions administratives plutôt que de mener des enquêtes criminelles et de lancer des poursuites au pénal. » « La coordination entre les organismes publics restait insuffisante », a-t-on lu dans le document PDF.

 

Dans la rubrique des « recommandations prioritaires », l’ambassade des Etats-Unis demande au gouvernement sénégalais d’ « enjoindre de manière explicite les services de répression et les responsables du judiciaire ». Ces derniers devraient « accroître sensiblement », selon le rapport « les efforts visant à enquêter sur les infractions liées à la traite des personnes ». L’ambassade souhaiterait que le Sénégal « lance des poursuites au pénal conformément à la procédure régulière ». Ceux qui exploitent les enfants à des fins de mendicité forcée devraient être punis à la hauteur de leurs forfaits, « à de lourdes peines de prison telles que prévues dans la loi de 2005 sur la lutte contre la traite », souligne le rapport de l’ambassade des États-Unis.

« Approuver le projet de législation sur la réglementation des daaras ; continuer la mise en œuvre du plan national d’action 2018-2020 de lutte contre la traite ; poursuivre le projet de cartographie des daaras et élargir les efforts de sensibilisation du grand public à la traite », telles sont entre autres recommandations prioritaires figurant dans le rapport 2019 sur la « Traite des Personnes au Sénégal », publié par l’ambassade des Etats-Unis. 
Mardi 3 Septembre 2019
Dakaractu



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