Radars sur l’autoroute et vitesse maximale fixée à 110 km/h : le démenti du ministère confronté aux témoignages de conducteurs sanctionnés

Alors que le ministère des Transports terrestres et aériens a démenti l’entrée en vigueur du dispositif de radars et du barème de sanctions annoncé sur les réseaux sociaux, plusieurs automobilistes affirment avoir récemment été interceptés ou verbalisés pour excès de vitesse sur l’autoroute. Des témoignages qui alimentent la confusion, sans nécessairement contredire totalement la mise au point officielle.


Dans un communiqué daté du 30 juin 2026, le ministère des Transports terrestres et aériens a réagi à la circulation d’une affiche annonçant l’entrée en service de radars sur l’autoroute.
 
Le document diffusé sur les réseaux sociaux faisait notamment état d’une vitesse maximale fixée à 110 km/h, accompagnée d’un barème de sanctions pouvant aller de l’amende au retrait du permis de conduire, voire à la garde à vue.
 
Le ministère a toutefois assuré que cette affiche n’émanait ni de ses services ni des forces de l’ordre. Il a également précisé que les seuils de vitesse, les montants des amendes et les mesures coercitives mentionnés dans le document ne reposaient sur aucun acte réglementaire en vigueur. 
 
La tutelle a néanmoins reconnu qu’un projet de système automatisé de contrôle de la circulation routière était en cours d’élaboration. Ses modalités techniques, juridiques et opérationnelles devraient être officiellement présentées avant toute mise en service.
 
 
Cette mise au point est aujourd’hui confrontée aux récits de plusieurs usagers de l’autoroute affirmant avoir été contrôlés pour excès de vitesse.
 
Sur son compte TikTok, le créateur de contenu connu sous le pseudonyme de « Professeur Immature » soutient avoir été arrêté par des gendarmes alors qu’il roulait à une vitesse proche de 150 km/h.
 
Selon son témoignage, il aurait mal interprété les indications affichées sur le tableau de bord de son véhicule. Après son interception, un gendarme lui aurait indiqué que les appareils de contrôle avaient enregistré une vitesse de 158 km/h.
 
Le conducteur affirme toutefois avoir bénéficié de la compréhension de l’adjudant chargé du contrôle. Au lieu d’une sanction immédiate, il aurait reçu un avertissement ferme.
 
Le gendarme lui aurait également expliqué qu’en cas de récidive, il pourrait être sanctionné et risquer la confiscation ou la rétention de son permis de conduire. Il lui aurait enfin demandé de sensibiliser ses abonnés aux dangers liés aux excès de vitesse.
 
Ce récit repose exclusivement sur le témoignage publié par l’intéressé .
 
 
Tous les automobilistes contrôlés n’auraient cependant pas bénéficié de la même indulgence.
 
Des usagers identifiés par les initiales El. H. M. et S. Kh. S. affirment également avoir été interpellés pour excès de vitesse sur l’autoroute. Contrairement au témoignage de « Professeur Immature », l’un d’entre eux assure avoir effectivement reçu une amende.
 
 
À la lecture attentive du communiqué, le ministère ne déclare pas que tout contrôle de vitesse est suspendu ou juridiquement impossible au Sénégal.
 
La mise au point porte principalement sur l’authenticité de l’affiche circulant sur les réseaux sociaux, sur le seuil présenté comme uniforme de 110 km/h et sur le barème précis de sanctions qui l’accompagnait.
 
Autrement dit, le ministère dément l’entrée en vigueur du dispositif décrit par l’affiche, mais pas nécessairement la possibilité pour la Police ou la Gendarmerie de constater et de sanctionner un excès de vitesse pris par les radars .
 
 
La succession de témoignages pose néanmoins plusieurs questions auxquelles une nouvelle communication officielle pourrait apporter des réponses.
 
Quels appareils sont actuellement utilisés pour mesurer la vitesse sur l’autoroute ? S’agit-il de radars mobiles manipulés par les forces de l’ordre ou d’un dispositif fixe ? Quels sont les seuils réellement appliqués ? Quels sont les montants officiels des contraventions ? Dans quelles circonstances un permis peut-il être retenu ou retiré ?
 
En l’absence de précisions, les automobilistes risquent de confondre trois réalités différentes : les contrôles classiques effectués par les forces de l’ordre, le projet de contrôle automatisé annoncé par le ministère et l’affiche non officielle diffusée sur les réseaux sociaux.
Mardi 14 Juillet 2026
Dakaractu