ROUTE NDINDY - DIOURBEL / « Un demi-siècle que nous souffrons de cette route avec ses calamités, accidents et son lot de morts » (Makhtar Sylla)


C'est un Makhtar Sylla visiblement énervé qui est monté au créneau pour déplorer l'état cahoteux du tronçon Ndindy- Diourbel. Un véritable plaidoyer au relent de réquisitoire du natif de la localité qui rappelle que celle-ci est reliée à la capitale départementale par " une route en latérite de 25 kms, construite en 1970 par le Génie Militaire". Il expliquera fiévreusement ses souvenirs. 

 

" Nous nous rappelons, enfants, saupoudrés de terre rouge ocre par les engins de construction et inhalant insouciamment toute la poussière de latérite, toute notre joie de bénéficier, à cette époque, d’une route que notre grand-père Serigne Matar Sylla avait obtenu des autorités de l’époque ; route qu’il n’a malheureusement pas vue car ayant disparu trois ans plus tôt. Serigne Matar Sylla, conscient de sa mission historique, avec une dévotion intense pour l'intérêt général et guidé par des valeurs de solidarité, d'empathie et d'altruisme, s’évertua avec courage et abnégation à promouvoir le destin de son village Ndindy. "

 

"En effet, poursuit notre interlocuteur,  après avoir obtenu de l’autorité coloniale d’alors que Ndindy soit érigé en Point de traite. Ce qui lui valut, d’après l’historien Feu Iba Der Thiam, l’obtention du diplôme de Chevalier du Mérite Agricole en 1953, il a pu doter Ndindy d’infrastructures telles que puits, dispensaire, école, ligne téléphonique, lotissement, forage."

 

Makhtar Sylla de signaler au Président Macky Sall que cela fait un demi-siècle que sa localité souffre de calamités, d’accidents avec un lot important de morts. Ce qui oblige à tout voyageur, au départ de Ndindy, de mettre une tenue appropriée qu’il changera une fois arrivé à Diourbel." Les voyageurs vers d’autres destinations, arrivent à destination reconnaissables à leur teint de brique rouge dû à la poussière de latérite"

 

ESPOIR BRISÉ

 

Makhtar Sylla ne manquera pas de signaler que les populations ne sont jamais restées les bras croisés. "Les cortèges de marche de protestation annuelles des jeunes et des femmes sont restées inefficaces. Les concerts de protestation et les cahiers de doléances prenant en charge le récit de leur calvaire, déposés auprès des autorités administratives qui se sont succédées n’ont jamais eu de suite. 

 

Avec l’arrivée de l’autoroute Ila Touba, les autorités administratives et municipales nous avaient déclaré fermement que c’était la fin de notre calvaire car les bretelles Ila Touba-Diourbel et Ila Touba-Ndindy faisaient partie du Projet. La bretelle Ila Touba-Diourbel a été réalisée il y’a quelques mois. À notre grande surprise, comme le repli du baiser-morsure du serpent, le chantier et ses engins se sont complètement repliés après la construction de la seule bretelle Ila-Touba Diourbel."

 

Le leader politique de se poser la question de savoir si Ndindy a été oubliée... 

Dimanche 29 Novembre 2020
Dakaractu




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