RECRUTEUR PRÉSUMÉ DE BOKO HARAM DANS LES NASSES DE LA JUSTICE SÉNÉGALAISE : les secrets de l’affaire godwin Okoh

Il y a un an, la police sénégalaise arrêtait un ressortissant nigérian soupçonné de terrorisme. Libération est en mesure de révéler aujourd'hui que l'individu, écroué depuis, se nomme Godwin Okoh et il a effectivement admis avoir reçu un acompte de 10.000 dollars d'un membre de l'Etat islamique pour recruter des "Boko Haram" au Sénégal. Par ailleurs, l'ambassade de son pays qui l'a signalé a transmis aux autorités sénégalaises des photos compromettantes qui circulent d'ailleurs dans les réseaux sociaux nigérians. Révélations exclusives.


Selon nos informations, Godwin Okoh, qui sera interrogé dans le fond dans les prochains jours, est dans de sales draps puisqu'il est soupçonné d'être venu au Sénégal pour recruter des combattants destinés à renforcer les rangs de l'organisation criminelle, Boko Haram, qui est d'ailleurs au centre du procès pour terrorisme présumé de Matar Diokhané et Cie.
En effet, c'est l'ambassade du Nigéria au Sénégal qui a révélé aux autorités l'appartenance du nommé Godwin Okoh à Boko Haram et son arrivée au Sénégal pour recruter des jihadistes pour le compte dudit groupe et l'Etat islamique.
Dès qu'il s'est pointé à la représentation diplomatique de son pays, grâce à l'investissement personnel de membres de la communauté nigériane qui l'ont piégé, Okoh a été cueilli par les enquêteurs du Point E et placé en position de garde à vue.
Il a soutenu être arrivé au Sénégal en provenance du Mali via la Mauritanie par voie terrestre. il a allégué avoir franchi illégalement la frontière, à Rosso, en profitant d'un moment d'inattention des agents pour se soustraire au contrôle et entrer ainsi sur le territoire sénégalais.
Revenant sur les raisons de son arrestation, il a déclaré que dans le courant du mois de février 2016, il a connu, via Facebook, un américain dénommé Ayan Mills et que c'est au cours de leurs entretiens que ce dernier lui a précisé appartenir au mouvement "Isis" (ndlr, Etat islamique) basé en Syrie.
Il a ajouté que ce dernier lui a demandé de l'aider au recrutement d'adhérents, par le net, moyennant la somme de 10.000 dollars, proposition qu'il dit avoir accepté. Il a ajouté, sans convaincre, que c'est alors que cet individu aurait commencé à exercer sur lui un chantage en publiant ses photos pour dire qu'il est membre d'un groupe terroriste.
Un témoignage assez tiré par les cheveux et pour cause. Même si on ne sait pas pour le moment
comment les photos compromettantes du suspects ont pu se retrouver sur les réseaux sociaux jusqu'à figurer dans le dossier transmis par le Nigéria au Sénégal.
Sur l'une des photos, on voit Okoh brûler son passeport comme Boko Haram l'exige à ses membres. Sur une autre, il pose fièrement avec en arrière plan le drapeau d'un groupe jihadiste. D'ailleurs, le suspect était fiché "rouge" au Nigéria où un avis de recherche international avait été émis contre lui.
A signaler que Okoh n'est pas le seul Nigérian détenu au Sénégal pour des faits de terrorisme. Oderoghene Egbedi, qui avait attaqué au couteau un policier à Rosso, et son frère Ejiroghene Egbedi qui était venu à Dakar pour lui rendre visite, sont écroués pour les mêmes faits criminels.
Mercredi 13 Juin 2018




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