DAKARACTU.COM Nul n’a oublié la ruse d’Idrissa Seck faisant miroiter sur les affiches électorales du Pds, en 2001, l’ombre de Wade après que le Conseil constitutionnel a empêché le chef de l’Etat d’alors d’y figurer. Ruse qui, à l’époque, fit sourire, voire rire. La campagne électorale des législatives débute sur cet impair présidentiel. On y voit à la télévision le président de tous les Sénégalais trôner à un meeting de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar, au milieu de tous ses soutiens à la présidentielle. On ne rigole plus du tout, tant le chef de l’Etat, faisant siennes les conclusions des Assises Nationales, avait déclaré que le statut de chef d’Etat ne rimait plus avec celui de chef de parti. La campagne qui débute pour la coalition Benno Bokk Yaakaar se fait avec le soutien explicite du président à cette liste. Une entorse au pacte des Assises Nationales, sans aucun doute, mais il y a aussi ces conseils des ministres décentralisés qui ressemblent comme deux gouttes d’eau aux visites économiques de Senghor et Diouf. Car, même s’il faut saluer l’indéniable bonne idée que représente cette décentralisation, faire un conseil des ministres décentralisé chaque semaine, en pleine campagne électorale, sans avoir eu le temps d’en évaluer les impacts, relève plus du doxantu présidentiel qu’évoquait Abdoulaye Wade en 2001, s’y faisant même appeler Gorgui plutôt que « M. le président de la République ». Nombre de leaders ne se sont pas laissés prendre et ont relevé cette liberté prise par le pouvoir, liberté qui foule au pied les nouvelles aspirations du peuple des Assises auxquelles tous se réfèrent, pour mieux les contourner. C’est dans l’ADN des hommes politiques de tenir un discours et de faire le contraire.
Quand Macky fait du Wade (le commentaire du jour de Cheikh Yérim Seck)
Mardi 12 Juin 2012