QUE DU CLAIR CHEZ DIONNE. (Par Mounirou Sy)


QUE DU CLAIR CHEZ DIONNE. (Par Mounirou Sy)

"Si vous regardez longtemps au fond des abysses, les abysses voient au fond de vous" a dit Nietzsche. Ce début de semaine est marqué par la sortie médiatique de l’ancien Premier Ministre et actuel Ministre d’Etat, Secrétaire général de la Présidence Monsieur Mahammad Boune Abdallah DIONNE. En disant que "l’histoire du Président Macky Sall avec le Sénégal n’est pas terminée, elle nous mène en 2035", beaucoup de langues se sont déliées et les commentaires et interprétations les plus loufoques fusent de partout. Certains, comme les nouveaux "messagers de Dieu ou messagère de l’Elu", sont même allés jusqu’à soutenir qu’il "fait dans le clair-obscur". Pour eux, un tel propos évoque l’idée d’un troisième mandat et d’un mandat illimité pour le Président SALL.

 

Rien n’est plus pernicieux que de vouloir danser plus vite que la musique. Beaucoup cherchent à jouer les prolongations de l’élection présidentielle de 2019 juste pour exister. Ils épiloguent et en glosent sur des sujets inopportuns, ubuesques et fantaisistes alors que l’arbitre a sifflé, depuis, la fin du match en désignant le vainqueur, qui seul, a la légitimité de gouverner.

 

Lorsque le SG de la Présidence parle de 2035, l’esprit le moins éveillé pense naturellement et pertinemment au Plan Sénégal Emergent. Etant donné que le train pour l’émergence a quitté son quai depuis 2014, le Président Macky SALL, qui en est le seul et unique initiateur, avait donné rendez-vous au monde en 2035, date de son effectivité. Dès lors, cette histoire entre l’homme et le pays en question ne saurait s’estomper avant cette année-là. Voilà l’idée de DIONNE.

 

Pour cela, il corrobore l’essence et la triple vocation d’un parti politique à savoir conquérir le pouvoir, exercer le pouvoir et conserver le pouvoir. La lecture qu’il faudrait avoir de ce propos est qu’il souhaite que la doctrine mackyste soit l’acteur et l’artisan de l’émergence du début à la fin. Que sa vision soit relayée et entretenue par sa propre famille.

 

En déduire l’idée d’un troisième mandat ou pas pour le Président Macky SALL relève du fantasme et de la conjecture fallacieuse. Sinon, c’est l’année 2029 qui serait retenue.

Au Sénégal, il existe une fâcheuse manie d’exceller dans l’usage de mots qui, à force, s’usent. Un MANDAT ne s’auto-octroie pas. Seul le Peuple souverain peut l’attribuer, le donner. 

 

Toutefois, toute personne peut aspirer à être candidat à une élection présidentielle mais sa recevabilité relève du Conseil constitutionnel. 

Avoir un mandat électif est du ressort du politique ; être candidat est celui du juridique. Là c’est l’élection ; ici c’est le droit.

 

En plus, attendons le temps des cygnes pour chanter le chant des cygnes. Le soleil d’hier ne peut pas sécher le linge d’aujourd’hui. Le moment venu, le principal intéressé se prononcera sans ambages et les conséquences qui en découlent seront tirées par tout un chacun. 

 

"Traduire, c’est trahir" dit-on. Et vouloir exprimer, sans hauteur ni recul, la pensée de quelqu’un, c’est être tenté par le diable. Allons à l’essentiel et évitons le détail parce que celui-là est dans celui-ci.

 

Mouhamadou Mounirou SY

Conseil Spécial du Président de la République

auprès du Secrétariat général du Gouvernement

 

Mardi 25 Février 2020
Dakaractu



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