Le Sénégal franchit un cap historique dans sa politique sociale. Deux conventions ont été signées sous la présidence du ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du secteur public, Olivier Boucal, ouvrant pour la première fois l’accès des travailleurs de l’économie informelle aux régimes de sécurité sociale gérés par l’IPRES et la Caisse de sécurité sociale. Jusqu’ici, seuls les salariés du secteur formel, soit 20 % de l’économie nationale, bénéficiaient de cette protection. La réforme concerne désormais les 80 % restants, dans un pays où l’informel représente 90 % de l’activité économique. Le ministre Boucal n’hésite pas à qualifier cette avancée de « correction inédite d’une injustice historique ».
Concrètement, deux textes ont été paraphés : la convention-cadre entre le ministère, la Caisse de sécurité sociale et l’IPRES et une convention spécifique impliquant la Mutuelle sociale nationale des artisans du Sénégal. Ces conventions permettent aux acteurs de l’informel d’accéder à trois branches essentielles de la sécurité sociale : la retraite, les prestations familiales et la couverture des accidents du travail. Une phase pilote centrée sur les artisans est déjà en cours depuis quelques mois, avec jusqu’à présent un accent mis sur la seule couverture sanitaire.
Le président du conseil d’administration de l’IPRES, Mamadou Racine Sy, a indiqué que cette intégration hisse le Sénégal au niveau des standards internationaux en matière d’inclusion sociale. Il a annoncé des instructions immédiates à la direction générale pour déployer sans délai le dispositif d’affiliation, avec des procédures simplifiées et adaptées aux réalités de cette population cible. Les avancées en matière de digitalisation et de dématérialisation opérées par les deux institutions faciliteront ce déploiement.
Son homologue de la Caisse de sécurité sociale a plaidé pour une large campagne de sensibilisation afin que les populations s’approprient ce nouveau dispositif, présenté comme un levier majeur vers une société plus inclusive. La réforme, qui repose sur un Régime simplifié des petits contribuables (RSPC), a également bénéficié de l’appui technique du Bureau international du Travail (BIT) et de la coopération allemande (GIZ).