Prolongation du mandat de la commission de quatre mois : Quand la CEDEAO donne le mauvais exemple aux États membres…


Dans son édition du 4 janvier 2022, Africa Intelligence a rapporté un fait qui a échappé à la vigilance de plus d’un lors de la session extraordinaire de la Conférence des Chefs d’États de la CEDEAO. Ce sommet convoqué pour décider de la suite à donner aux transitions malienne et guinéenne, a servi de cadre au président ivoirien pour proposer la prolongation du mandat de la commission de l’organisation sous-régionale. Alassane Ouattara a prétexté la continuité de la commission dans le suivi de la transition malienne et guinéenne pour proroger le mandat de son compatriote, Jean Claude Kassi Brou et ses collaborateurs.

Seulement, le président de la Guinée Bissau s’est vivement opposé à la proposition de son homologue ivoirien. Pour Umaro Sissoco Embalo, le projet devait être voté et résulter d’un consensus des chefs d’État. La tension était tellement vive que le président sénégalais, Macky Sall a dû intervenir pour calmer son ami. Finalement, le souhait de Ouattara est passé et le mandat de la commission devrait être rallongé d’au moins quatre mois.

Nommé le 16 décembre 2017 à l’occasion de la 53e session ordinaire des chefs d’État, Jean Claude Kassi Brou a pris fonction comme chef de l’organe exécutif de la CEDEAO le 1er mars. L’ancien ministre de l'Industrie et des Mines de la Côte d’Ivoire a prêté serment le 31 juillet 2018 à Lomé.

Organe exécutif de la CEDEAO, la Commission a remplacé en 1997 le secrétariat exécutif pour permettre à l’institution sous régionale «  de mieux s'adapter à l'environnement international et d'apporter plus d'équité, de transparence et une plus grande fonctionnalité dans conformément aux meilleures pratiques mondiales ».

Son président est nommé par la Conférence des chefs d’État pour une période non renouvelable de quatre ans. Il est assisté d'un vice-président et de 13 commissaires.

Logique pour logique, proroger ce mandat de quatre mois, sous quelque motif que ce soit, ressemble bien pour les chefs d’État à accepter pour la commission ce qu’ils ont refusé à la transition malienne.

L’organisation d’intégration sous-régionale a exigé des autorités maliennes qu’elles respectent le calendrier électoral fixé par le premier gouvernement de la transition. Les chefs d’État et de gouvernement ont même brandi l’éventualité de sanctions supplémentaires si les élections couplées du 27 février ne sont pas tenues à date échue. Pour ne pas en arriver là, les autorités maliennes ont présenté un chronogramme étalé sur 5 ans au président en exercice de la Conférence des chefs d’État. 

La CEDEAO qui a pris acte de cette proposition doit tenir un sommet extraordinaire dimanche prochain à Accra, au Ghana pour répondre aux autorités maliennes. 

Au cas où elle se cramponnerait sur sa position antérieure, la CEDEAO risque de voir sa réponse fragilisée par le non-respect par ceux qui sont censés prononcer les sanctions des règles qui régissent le fonctionnement de ses instances. Il ne manquerait pas de voix...maliennes pour lui rappeler qu'il faut d'abord balayer devant sa porte.
Mardi 4 Janvier 2022
Dakar actu




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