Professeur Souleymane Mboup : « Les défis actuels de la lutte contre la Covid-19... »


Il est vrai qu’au Sénégal la maladie due à la Covid-19 est en recul depuis quelques semaines. Mais la lutte contre cette épidémie est loin d’être finie. Le Professeur Souleymane Mboup assure qu’il y a encore des défis à relever et ils ont pour nom : le maintien des mesures barrières, la poursuite de la vaccination de la population pour atteindre l’immunité de groupe. Selon le scientifique sénégalais, les efforts dans le sens de mobiliser assez de doses vaccinales doivent se poursuivre d’autant qu’il est maintenant établi que l’épidémie est en train de se limiter aux personnes non-vaccinées.
 
Dressant l’état des lieux de la vaccination qui a démarré au Sénégal depuis le mois de février, le président fondateur de l’Institut de recherche en santé, de surveillance épidémiologique et de formation (IRESSEF) rappelle qu’au début les cibles prioritaires étaient choisies parmi le personnel de santé, les sujets avec des comorbidités et le 3e âge. Cette stratégie a évolué et il a été jugé opportun d’élargir le champ pour permettre aux sénégalais qui le souhaitent de recevoir au moins une dose des trois vaccins disponibles au Sénégal. Ce qui fait qu’aujourd’hui, plus d’un million ont reçu au moins une dose alors que plus de 700 000 en ont déjà reçu deux.
 
Le professeur Souleymane Mboup s’est aussi prononcé dans cet entretien sur les efforts de la Chine pour faciliter la riposte. Il soutient à ce propos que la Chine a été le premier pays à mettre à la disposition des laboratoires des réactifs pour leur permettre de faire les tests RT PCR. Ce qui a permis d’après lui, d’élargir le spectre de dépistage. Il s’est aussi réjoui de la disponibilité des Équipements de protection individuelle (EPI) sans oublier le vaccin Sinopharm avec lequel le Sénégal a lancé sa campagne de vaccination.
 
Mais le plus important pour le virologue, c’est l’aspect scientifique. À l’en croire, les chinois ont très rapidement isolé le virus dans le but de le caractériser pour faciliter le développement de stratégies de lutte contre la Covid-19 à travers la mise au point de tests de dépistage et de vaccins. Il souligne que des progrès extraordinaires ont été faits à ce niveau.
 
Dans la même veine, il milite pour une posture objective en ce qui concerne le traçage de l’origine du virus. À son avis, ce travail ne doit pas être taché de considérations politiques pour stigmatiser un pays ou un autre.  
 
Il a également regretté l’absence de solidarité caractérisée par la rétention des vaccins pour les grandes puissances au détriment des pays sous-développés. Or, de l’avis du président fondateur de l’Iressef, tant qu’il n’y aura pas de protection pour tout le monde, le risque que cette pandémie se prolonge reste réel. « On ne peut pas s’enfermer et faire la politique de l’autruche. La solidarité doit être la priorité pour protéger tout le monde », préconise-t-il.
Mercredi 22 Septembre 2021
Dakaractu



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