Procès pour Terrorisme : Le juge confirme le jugement antérieur de Saer Kébé qui reste libre.

Après avoir été condamné à quatre ans d’emprisonnement, poursuivi pour acte de terrorisme, menaces et apologie du terrorisme, l’accusé Saër Kébé s’est présenté à nouveau devant la Chambre criminelle de Dakar en formation spéciale ce lundi 26 avril pour répondre sur les mêmes faits. Ainsi, à l’issue de l’audience, la Cour a confirmé le jugement antérieur. Ce qui veut dire que l’ancien élève du Lycée Demba Diop hume à nouveau l’air de la liberté.


Né le 24 décembre 1995, Saer Kébé a été récompensé par l’algine de sa curiosité. C’est sa curiosité qui lui a coûté quatre années de détention. Son crime, en effet, c’est lors d’un travail de groupe effectué en classe, qu’il effectue des recherches pour un exposé sur la décolonisation. En effectuant ces recherches, il est tombé sur des images sur le net montrant des problèmes sur la question d’Israélo-palestinien. Des images qui l'ont poussé à être devant son clavier et envoyer des messages à l’ambassade des Etats-Unis.

Devant la barre, l’accusé a fait savoir au tribunal que l’objectif du message qu’il a envoyé n'était pas pour faire peur aux gens ni pour troubler l’ordre public. « Je voulais juste condamner les images que j’avais vues. J’ai été révulsé parce que j’ai envoyé des messages. Je ne savais pas que cela aurait un impact sur mon avenir. J’ai passé quatre ans en prison, pendant ce temps, certains de mes camarades faisaient leur master et tandis que d’autres avaient commencé à travailler », a-t-il regretté devant la barre.

Le président de la Chambre lui a rappelé qu’aujourd’hui, vous vous êtes retrouvé devant une juridiction criminelle uniquement par ce que vous avez envoyé des messages à des représentations diplomatiques. « On ne peut pas condamner en menaçant les gens. Vous êtes un révolutionnaire de clavier ».

Répondant à la question du parquet concernant ses motivations, l’accusé a fait savoir qu'il faisait des recherches préliminaires. « Je suis parti sur Internet, c’est après que j’ai vu des images qui m’ont choqué. J’ai vu que cela faisait des années que la situation perdurait. Je dénonçais ces pratiques », a-t-il souligné. Il a cependant précisé qu’il n’est affilié à aucun groupe. « Je suis en train de suivre des cours en arabe des affaires. Je connais des sourates pour prier. Il n’est pas affilié à une association religieuse. Auparavant, j’étais membre du Dahira Moustachidine, mais je n’y suis plus. C’est un choix que j’ai fait », a-t-il soutenu.

Lors de son réquisitoire l’Avocat général a relevé que l’accusé avait écrit sur la page de l’ambassade des Etats-Unis en menaçant et en dénonçant le soutien des Américains aux israéliens. Il avait dénoncé la violation des droits de l’homme dans certains sites diffuseurs. Pour lui, le texte vise plus l’acte terroriste que le terroriste. Et, l’acte terroriste consiste à un trouble grave à l’ordre public afin de semer la terreur. Dans ce dossier, précise le parquet, l’acte matériel constituant l’infraction d’acte de terrorisme une ne souffre d’aucune contestation. 

Selon le représentant du ministère public, l’accusé s’est attaqué à une institution internationale et ne doit pas échapper à sa responsabilité pénale même s’il dit comprendre le juge de première instance.

L’élément qui reste à savoir, qu’est-ce qui a motivé l’accusé à chercher en envoyant ces messages. Dans ce dossier, indique-t-il, il y a tous les actes constitutifs d’acte de terrorisme sont réunis. Ce qui veut dire que l’infraction d’acte de terrorisme est établi. A l’issue de son réquisitoire, le parquet requiert la culpabilité de Saer Kébé avant de se rapporter au tribunal pour définir la peine.

Pour Me Moussa Sarr, l'un des défenseurs de Saer Kébé, c’était une menace verbale imaginaire. « Mon client n’a aucune fréquentation d’un site djihadiste. A partir de ce moment, il y a aucun acte de terrorisme », a-t-il plaidé.

Selon Assane Dioma Ndiaye, l’accusé est un révolutionnaire de clavier. « Nous sommes en présence d’un jeune qui délire qui veut révolutionner », a-t-il ajouté non sans ôter le caractère sérieux des menaces de son client. Sur ce, il demande au juge d’infirmer le jugement antérieur afin de l’acquitter.

Prononçant ses derniers mots, l’accusé Saer Kébé a souligné que « tout ce qui me préoccupe, c'est de terminer mes études et de devenir quelqu’un dans ce pays ».

Rendant sa décision, le juge a confirmé la décision antérieure. Ce qui veut dire que l’étudiant Saer Kébé reste libre. 
Lundi 26 Avril 2021
Dakaractu




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