Procès en diffamation contre Madiambal Diagne : Article 19 pas du tout d'accord avec la peine infligée au journaliste.


Procès en diffamation contre Madiambal Diagne : Article 19 pas du tout d'accord avec la peine infligée au journaliste.
Devant le tribunal correctionnel de Dakar suite à une plainte pour diffamation du juge Souleymane Téliko, président de l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS), le journaliste Madiambal Diagne a été condamné à une peine de prison de 6 mois, dont 3 mois ferme, et une amende de 600.000 FCFA (1090 USD) le 17 juin 2021 dernier. 

Une peine que n'a pas appréciée l'organisation Article 19. 

En effet, réagissant à cette condamnation, Alfred Nkuru Bulakali, Directeur Régional Adjoint de Article 19 Sénégal et Afrique de l’Ouest, a insisté sur le fait que la diffamation et les délits de presse similaires ne devraient pas être criminalisés et devraient plutôt être traités comme des affaires civiles. Selon Alfred Nkuru Bulakali, les peines infligées au journaliste Madiambal Diagne visent à le priver de sa liberté.

"Les peines de prison prononcées contre le journaliste Diagne dans cette affaire sont disproportionnées. Non seulement elles visent à priver le journaliste de sa liberté, mais elles sont aussi de nature à priver le public de l’accès à l’information. Les peines privatives de liberté ont un effet dissuasif et intimidateur sur les autres journalistes, qui pourraient opter pour l’autocensure par crainte des représailles judiciaires et de la prison", a souligné le directeur régional Article 19.

Poursuivant toujours son propos, Alfred Nkuru Bulakali estime que, "Article 19, à plusieurs reprises, a exprimé ses inquiétudes concernant les dispositions des lois sénégalaises sur les médias qui criminalisent les délits de presse tels que les injures et la diffamation, dans la mesure où elles menacent la liberté d’expression et la liberté de la presse. Il est urgent que les autorités sénégalaises abrogent toutes ces dispositions et mettent leur législation en conformité avec les normes internationales relatives à la liberté d’expression et des médias". 

Et de ce fait, le directeur régional d'Article 19 invite les autorités à ne pas appliquer ces formes de sanctions contre le journaliste. "Les autorités doivent s’abstenir d’appliquer des sanctions privatives de liberté contre le journaliste en faveur de sanctions civiles, qui doivent elles aussi être nécessaires et proportionnées, comme le recommandent les organes internationaux de droits humains. Les sanctions civiles devraient en outre assurer la protection de la vérité. La démocratie sénégalaise a besoin de lois qui puissent garantir pleinement une presse libre", a-t-il conclu...
Samedi 3 Juillet 2021
Dakaractu




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