L’audience de l’ancien ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Ismaïla Madior Fall, prévue ce mardi devant la Haute Cour de Justice, a finalement été renvoyée à mardi prochain. Poursuivi pour tentative de corruption dans une affaire foncière liée à un projet de construction d’infrastructures judiciaires estimé à 576 millions de francs CFA, il devait être le premier ancien membre du gouvernement à comparaître devant cette juridiction dans le cadre des dossiers ouverts à la suite de la reddition des comptes.
Réagissant à ce report, l’avocat de l’ancien ministre a tenu à replacer le profil de son client dans son contexte. « Ce n’est pas un délinquant. C’est quand même un ancien Garde des Sceaux », a-t-il insisté, soulignant que cette qualité confère un poids particulier au dossier et complique l’exercice de la défense. Selon lui, mener une procédure contre un ancien ministre de la Justice exige de la part de l’avocat une dimension presque psychologique, tant la situation reste éprouvante pour le mis en cause. « Nous savons que ce n’est pas très facile pour lui », a-t-il confié, ajoutant que son équipe continue d’approfondir l’étude du dossier avant la reprise des débats.
L’avocat a par ailleurs insisté sur le caractère inédit de cette audience. Selon lui, la Haute Cour de Justice ne s’était pas réunie pour juger une personnalité depuis plusieurs décennies, une configuration si ancienne qu’elle précède, de son propre aveu, sa naissance. « La justice, ce n’est pas seulement les textes, c’est également une pratique, une manière de faire », a-t-il fait valoir, relevant qu’en l’absence de précédent récent, la juridiction devra se référer strictement à la règle de droit pour conduire les débats.
Ismaïla Madior Fall, placé sous bracelet électronique et assigné à résidence depuis mai 2025, conteste l’ensemble des accusations portées contre lui par l’entrepreneur Cheikh Guèye, qui affirme avoir versé des sommes en espèces et en nature dans le cadre d’un protocole portant sur une assiette foncière de 9 598 m² à Guédiawaye, initialement destinée au ministère de la Justice. Le procès s’ouvrira donc mardi prochain devant la Haute Cour de Justice.