Prise en charge des nouveaux bacheliers : le SAES dégage toute responsabilité dans les couacs notés et accuse le Gouvernement


Le syndicat autonome des enseignants du supérieur (SAES) tient l’État pour responsable de toutes les conséquences malheureuses ainsi que des perturbations qui pourraient découler du non-respect de ses engagements dans la prise en charge des nouveaux bacheliers. Le SAES de dénoncer en effet, la décision précipitée, prise par le Gouvernement « d’orienter l’ensemble des nouveaux bacheliers 2019 dans les établissements publics d’enseignement supérieur ». Le syndicat de rappeler qu’il avait posé un certain nombre de préalables afin de voir tous les bacheliers qui le désirent, accéder à un enseignement supérieur public de qualité, sous réserve des capacités d’accueil. Il s’agissait entre autre de l’achèvement et la livraison avant la prochaine rentrée universitaire de toutes les infrastructures équipées dans tous les campus ; de l’ouverture immédiate de 400 postes d’enseignants-chercheurs et le recrutement conséquent de personnels pour arriver au moins à 70% de permanents en 2021-2022; de l’augmentation de la dotation de l’Etat aux universités pour atteindre l’objectif « budgets de vérité » et couvrir ainsi les dépenses pédagogiques, de recherche et de personnel ; enfin du respect de la loi 2015-26 du 28 décembre 2015 qui stipule en son article 3 que : « le Ministère de tutelle et les instances pédagogiques déterminent, d’un commun accord, les capacités d’accueil des universités publiques » ; Le SAES de dénoncer qu’à ce jour aucune de ces conditions préalables pour une rentrée académique apaisée n’a été respectée. « De surcroît, les mesures d’accompagnement annoncées par le Gouvernement, qui semble être dans une totale impréparation, ne sont pas en place alors que les nouveaux bacheliers frappent aux portes des universités publiques déjà affectées par les effectifs pléthoriques, le manque criant d’infrastructures et d’enseignants et l’insuffisance des budgets », ajoute t’il. S’agissant de la cacophonie et des dysfonctionnements notés dans le processus d’orientation des nouveaux bacheliers 2019, le SAES de rappeler aussi qu’il a toujours réclamé l’audit technique de la plateforme d’orientation. Cette dernière, affirme le syndicat, « en plus d’être une boite noire dont le fonctionnement est d’une totale opacité, viole depuis des années, avec la bénédiction du ministère de tutelle, le décret n°2016-1805 relatif à l'orientation des bacheliers, mais également prive les jeunes bacheliers sénégalais du droit de bénéficier d'une meilleure orientation en rapport avec leurs aspirations de carrière. De plus, malgré la décision récente prise par le ministre de tutelle de mettre cette plateforme à la disposition de la Commission Nationale chargée de la supervision du processus d’orientation, le Directeur Général de l’Enseignement Supérieur tarde à mettre en œuvre cette mesure importante pour la transparence, l’équité du système et le respect des franchises et libertés universitaires ». Enfin et pour ne pas compromettre définitivement la stabilité du sous-secteur de l’enseignement supérieur, le SAES exige, une fois de plus, du Gouvernement, de respecter les conditions préalables et de mettre en œuvre immédiatement les mesures d’accompagnement nécessaires à l’accueil des nouveaux bacheliers, de situer toutes les responsabilités à la suite des dysfonctionnements notés dans le processus d’orientation des bacheliers et de prendre toutes les mesures correctives pour un respect du décret n°2016-1805 relatif à l'orientation des bacheliers et de mettre à disposition les textes règlementaires sur la gouvernance des universités publiques qui fonctionnent dans une totale illégalité depuis le vote et la promulgation en 2015 de la loi sur les universités publiques.
Jeudi 21 Novembre 2019
Dakar actu



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