Principal fournisseur d'Euro African Group de Mouhamed Bazzi : le Groupe français Total entre soutien au Hezbollah et pillage de la Gambie


Principal fournisseur d'Euro African Group de Mouhamed Bazzi : le Groupe français Total entre soutien au Hezbollah et pillage de la Gambie
La dilapidation des maigres ressources de la Gambie par Yahya Jammeh a été ébruitée par le Consortium OCCRP (Organized Crime and Corruption Reporting Project). L'enquête a mis en lumière comment l'ancien Dictateur gambien a volé, durant ses 22 années de règne, au moins 975 millions de dollars. Pour ce faire, il a eu des alliés aussi bien dans son entourage proche que parmi les hommes d'affaires étrangers qui avaient des intérêts à préserver en Gambie.
Dans son enquête, OCCRP a formellement identifié le Libanais Mohamed Bazzi et les Roumains Nicolas et Dragos Buzaianu. 
En passant par Bazzi, Jammeh aurait détourné pas moins de 364 millions de dollars. L'homme d'affaires libanais était ainsi au centre du système de détournement mis en place par l'ancien homme fort de Banjul. À cet effet, révèle l'enquête de l'OCCRP, Bazzi était devenu un intermédiaire utile pouvant influencer et conclure des accords dans de nombreux secteurs de l'économie gambienne.
C'était tellement vrai que les entreprises approuvées par Bazzi jouissaient d'un monopole sur le secteur des carburants en Gambie. Et ce, pendant plus d'une décennie. Pis encore, propriétaire de la société Euro African Group qui s'approvisionnait auprès du géant pétrolier français Total, il avait le monopole de l'importation de carburant en violation des lois sur les marchés publics. Ainsi, il avait la capacité de contrôler les importations et les prix des hydrocarbures. Donc, indirectement, Total a participé au pillage des ressources financières gambiennes.
Plus inquiétant, l'homme d'affaires avec qui le géant français collaborait, a été désigné terroriste par l'administration américaine. Ses liens avec Hezbollah l'ont perdu. Pour l'administration Trump, Mohamed Bazzi est un financier du Hezbollah de même qu'un nommé Abdallah Safi Al Din qui serait le représentant du mouvement chiite en Iran. Ces sanctions impliquent que tous les avoirs des visés seront gelés ou présentés au Bureau du Contrôle des Actifs étrangers (OFAC) du trésor américain. Maintenant reste à savoir si le géant pétrolier français avait les mêmes informations sur son partenaire libanais qui lui a permis de détenir pendant plus d'une décennie le monopole sur l'importation de carburant en Gambie. 
Dans tous les cas, cette affaire n'est pas sans rappeler les liens douteux entre le Groupe Lafarge et l'État islamique...  
Vendredi 29 Mars 2019
Dakaractu




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