Présidence de l’Assemblée nationale: Cissé Lô «vote» Niasse

Moustapha Cissé Lô a définitivement jeté les armes pour la bataille du perchoir. En conférence de presse tenue à Dakar hier, vendredi 20 juillet, le tonitruant responsable « apériste » de Touba, ministre conseiller récemment limogé par Macky Sall, a en effet officiellement mis fin à sa contestation du choix de Moustapha Niasse comme futur président de l’Assemblée nationale. Cissé Lô dit s’être rangé derrière l’invite que lui a faite Macky d’accepter que le leader de l’Afp soit le candidat de Bennoo Bokk Yaakaar à la succession au perchoir du libéral Mamadou Seck. « Le Président Macky m’a demandé de ne briguer aucun poste… Je fais ce qu’il me demande de faire… C’est lui qui gère ma carrière politique… », a notamment dit Cissé Lô.


L’épée de Damoclès qui menaçait Bennoo Bokk Yaakaar, avec la contestation de la candidature au perchoir de Moustapha Niasse par Moustapha Cissé Lô, ne plane apparemment plus au-dessus de la coalition ayant porté Macky au pouvoir. Pour cause, le bouillant responsable de l’Alliance pour la République à Touba, ministre conseiller récemment limogé par le Chef de l’Etat, a jeté définitivement l’éponge pour la course vers le perchoir.

Au cours d’une conférence de presse organisée à Dakar hier, vendredi 20 juillet, Moustapha Cissé Lô qui refusait obstinément la candidature de Moustapha Niasse, le leader de l’Afp, à la présidence de l’Assemblée nationale, a décidé en effet de reconsidérer sa position et de faire marche arrière. Pour le leader « apériste », c’est la rencontre d’avant-hier, jeudi, avec le président de la République, Macky Sall, par ailleurs président de l’Alliance pour la République, qui a permis de lever les « incompréhensions » sur sa candidature au perchoir.

Selon Moustapha Cissé Lô, Macky Sall lui a solennellement recommandé de faire abstraction de sa candidature au perchoir qui pourrait, même si elle reste légitime, créer des dissensions au sein de Bennoo Bokk Yaakaar. « Le Président Macky m’a demandé de ne briguer aucun poste… Je fais ce qu’il me demande de faire… C’est lui qui gère ma carrière politique… », a notamment dit Cissé Lô. La paix des braves ayant été scellée avec celui qui l’a récemment destitué de son poste de ministre conseiller, Moustapha Cissé Lô dit avoir suivi la recommandation de Macky Sall et avoir accepté de se retirer de la course au perchoir. Ouvrant ainsi la voie à Moustapha Niasse…

N’empêche, Cissé Lô n’en avouera pas moins que ce poste lui était naturellement destiné s’il avait maintenu sa candidature. « Notre coalition a remporté 119 sièges à l’Assemblée nationale…J’ai reçu l’accord de plus de cinquante députés de soutenir ma candidature et de me donner leurs signatures pour le vote du président de l’Assemblée nationale ». Prenant alors à témoin le Sénégal, selon ses propres propos, l’ancien ministre conseiller de Macky Sall a officiellement annoncé son retrait de la course vers la présidence de la chambre basse du Parlement.

Une pierre venait d’être enlevée du jardin de Bennoo Bokk Yaakaar et l’unité de la coalition, menacée d’implosion par cette double candidature pour le perchoir, préservée avec le désistement de Moustapha Cissé Lô. Conséquence : Macky Sall balise le chemin à sa décision prise en conférence des Leaders de sa coalition de faire de Moustapha Niasse le candidat de Bennoo Bokk Yaakaar pour la succession du libéral Mamadou Seck à la présidence de l’Assemblée nationale. Son retrait de la course vers le perchoir officialisé, Moustapha Cissé Lô n’en demandera pas moins à Macky Sall, son chef de parti, de le décharger de son poste de responsable de l’Alliance pour la République à Touba.

Les femmes à l’affût

Si la loi sur la parité n’est pas respectée dans la mise en place du bureau de l’Assemblée nationale, le Caucus des femmes leaders dirigé par Mme Fatou Sow Sarr demande à ses sœurs « de faire élire une femme de leur choix au poste de présidente ». Mais le Caucus estime que les femmes ont les moyens de faire respecter la loi sur la parité. En tous les cas, le « processus réussi de l’application de la loi sur la parité vient de placer notre pays avec 43,3% de femmes à l’Assemblée Nationale, au 6eme rang dans le monde, après le Rwanda (56,3%), Andorre (50%), Cuba (45,2%), Suède (44,7%) et Seychelles (43,8%) ».

Le Caucus des femmes leaders dirigé par Mme Fatou Sow en appelle au respect de la loi sur la parité dans la mise en place du bureau de l’Assemblée nationale convoquée le 30 juillet prochain.

Pour la coordonnatrice du Caucus, « les femmes sénégalaises de tout bord n’auront pas besoin de se mobiliser et envahir l’Assemblé, comme l’avaient fait leurs sœurs du Niger pour faire plier les hommes ». Elle estime que « les femmes députés ont les moyens de faire respecter la loi ou à défaut de faire élire une femme de leur choix au poste de présidente ». La patronne du Caucus d’ajouter que les femmes députés « sont nombreuses en avoir la posture. Il suffit aux 65 députées d’être fidèles au combat mené par des générations de femmes, pour soutenir l’une d’entre elles ; et à leurs voix s’ajouteront surement celles des 12 députés du PDS qui se réjouiront du parachèvement de la loi initiée par Maître Abdoulaye Wade, de Djibo Leyti Ka, de Mamadou Diop Decroix et de biens d’autres. Elles peuvent avoir la majorité avec elle mais la priorité c’est de respecter la loi».

Le Caucus des Femmes Leaders en « appelle au sens de responsabilité des acteurs politiques pour ne pas entacher cette belle avancée de notre pays ». Puisque le « processus réussi de l’application de la loi sur la parité vient de placer notre pays avec 43,3% de femmes à l’Assemblée Nationale, au 6eme rang dans le monde, après le Rwanda (56,3%), Andorre (50%), Cuba (45,2%), Suède (44,7%) et Seychelles (43,8%) ».

Mme Fatou Sow Sarr de rappeler les propos de certains responsables politiques. C’est le cas d’Ousmane Tanor qui a « reconnu le 7 mai 2010 dans les locaux de la maison du parti socialiste que le processus est irréversible ». De souligner que « Moustapha Niass, au-delà du combat qu’il a mené pour ses sœurs de la RDC n ‘a pas attendu la sortie du décret d’application pour instaurer la parité dans les instances de son parti ». Pour ce qui est de Cheikh Bamba Dièye, il « a juré solennellement à la chambre de commerce de St louis, de tout faire, tant que Dieu lui prêtera vie, pour que la femme sénégalaise puisse jouer pleinement son rôle ». De son côté, « Youssou Ndour aussi a pris des engagements lors de la cérémonie organisé le 5 février 2011 au WARC en l’honneur de Ndèye Ndiaye Tyson ».

La coordonnatrice du Caucus de rappeler l’engagement du Premier Ministre Macky Sall « pour l’entrée des femmes dans l’armée et le prise en charge par la femme salarié de son époux et des ses enfants ». En tant que « Président de la République, à la veille des élections législatives, il a demandé à son ministre de l’intérieur de veiller au respect scrupuleux de la loi de la parité ». Et de conclure que « ces hommes d’envergures en qui les femmes font confiance doivent veiller à ce que les avancées obtenues soient maintenues ».
Samedi 21 Juillet 2012
Sudonline