Présidence Commission dialogue national : Pourquoi pas une femme ?


Choisir une femme pour présider la commission du dialogue national serait plus indiqué que de choisir les mêmes personnes.

La société civile propose le professeur Babacar Guèye et Mazide Ndiaye pour diriger la commission sur le dialogue. Ce titre a fait les choux gras de la presse du week-end. Et le directeur exécutif de l’ONG 3D dans un entretien avec le quotidien l’observateur du samedi 18 mai justifie cette proposition en ces termes : « Ce choix s’explique par trois raisons. D’abord ces personnes sont connues pour leur neutralité et leur indépendance politique, ils sont à équidistance des chapelles politiques, sans compter leur probité morale. Ensuite, ils ont déjà une expérience sur la question, le Pr Babacar Guèye a eu à diriger la commission cellulaire qui a donné naissance à la Cena en 2004. Le doyen Mazide Ndiaye a piloté le Comité de veille et de suivi des recommandations issues de l’audit du fichier électoral en 2011. Et enfin, ces deux personnalités ont une légitimité qui tient au fait qu’ils dirigent aujourd’hui les deux coalitions d’organisations de la société civile qui travaillent sur les élections. »  De quelle société civile parle Moundiaye Cissé ? A mon avis, elle ne doit pas être réductrice à trois personnes.  À ce que je sache, il n’y a pas eu concertation sur ce sujet. Le Forum civil, le forum citoyen, la LSDH, la RADDHO, WANEP et tant d’autres organisations n’ont pas été saisis de cette question très importante dans la vie de notre démocratie. 

D’ailleurs, pourquoi toujours les mêmes personnes ? Il y a d’autres sénégalais qui peuvent bel et bien diriger cette commission. Ils sont connus pour leur neutralité, leur intégrité, leur patriotisme mais aussi pour n’avoir jamais trempé dans la chose politique. Ils sont très respectés par les populations. Je peux  citer les professeurs Babacar Kanté, Abdoullah Cissé (ancien recteur de l’Université Alioune Diop de Bambey), Samba Traoré, Mouhamed Fall, Fatou Kiné Camara, Fatou Sow Sarr, l’avocat Assane Dioma Ndiaye, le magistrat Dior Fall Sow, l’économiste Gilles Yabi, la journaliste et sociologue Hawa Ba de la fondation OSIWA, l’inspecteur général d’État Cheikh Guèye. La liste n’est pas exhaustive. D’ailleurs, ce serait plus indiqué à l’heure de la parité qu’une femme dirige cette commission avec un homme comme suppléant. Mais, quelle est l’utilité d’une telle commission si, elle n’est pas représentée au niveau local ? Dakar, n’est pas le Sénégal et ne peut parler au nom de toutes ces populations qui ont d’autres préoccupations différentes de ces questions de fichier électoral, de commissions administratives chargées de l’enrôlement et de distribution des cartes d’électeur. 

Mieux,  la plupart des gens qui en parlent n’en ont qu’un aperçu superficiel. Ils n’ont jamais siégé dans ces commissions. C’est le lieu Monsieur Le Président de la République avec votre ministre de l’intérieur de bien peaufiner les termes de référence de cette concertation et de ne pas perdre de vue que la majorité des sénégalais n’est pas représentée et il faudra prendre en compte leurs préoccupations. Ce que vous ne pouvez faire qu’avec une décentralisation des activités.


Boucar Aliou Diallo 
Journaliste, Expert Électoral
Demeurant à Diourbel  
Vendredi 24 Mai 2019
Dakaractu




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