Représentant l’ancien président Macky Sall, empêché, Me Aïssata Tall Sall a pris la parole lors de la cérémonie de dédicace de l’ouvrage « Les mots façonnent le monde : Discours et diplomatie » écrit par le diplomate Oumar Demba Bâ.
Me Tall Sall a d’abord fait le portrait de Macky Sall, président de la République pendant douze ans, qu’elle dit avoir côtoyé de près, aux côtés d’autres personnalités présentes dans la salle. Elle l’a décrit comme un scientifique rigoureux et cartésien, mais aussi un homme ayant fait ses humanités, capable de surprendre juristes et littéraires dans la discussion sur le droit, l’histoire ou la littérature. Ses collaborateurs, a-t-elle confié, ont souvent cru en savoir davantage avant de découvrir, à leurs dépens, la profondeur de sa culture. Pour elle, l’ancien chef de l’État appartient à cette catégorie d’esprits qui ne se contentent pas de voir le monde, mais qui cherchent toujours à comprendre pourquoi il ne pourrait pas tourner autrement, une disposition qu’elle range du côté de la dynamique de l’amélioration. C’est ce même homme, a-t-elle rappelé, qui lui a demandé de le représenter à cette cérémonie en l’honneur de l’un de ses plus fidèles collaborateurs, celui avec qui il a vécu étroitement l’État, la République, l’administration et la diplomatie durant vingt-quatre années.
Évoquant sa propre relation avec Oumar Demba Bâ, Me Tall Sall a raconté l’avoir bien connu avant de devenir elle-même ministre des Affaires étrangères, puis l’avoir mieux découvert à ce poste, et plus intimement encore lors d’une visite dans son village natal, en compagnie de l’artiste Baba Maal. Loin du gratin diplomatique, administratif et culturel réuni ce jour-là dans la salle, c’est dans son village, a-t-elle dit, que l’on découvre véritablement qui est Oumar Demba Bâ, un homme resté fidèle à ses origines, au point d’avoir vu un stade municipal et un collège de sa localité baptisés à son nom, une reconnaissance rare qu’elle a comparée, non sans ironie, au sort réservé aux hommes politiques, rarement honorés de leur vivant.
Me Tall Sall a ensuite salué la relation de confiance et de complémentarité unissant le président Macky Sall à son conseiller diplomatique, rapportant une confidence de ce dernier : ignorer, à chaque discours, par où commencer, tant il devait épouser la personnalité du président plutôt que la sienne propre. Elle a illustré cette collaboration à travers trois discours marquants prononcés par Macky Sall sur la scène internationale : à la tribune des Nations unies, où il a défendu le refus par l’Afrique de toute « injonction civilisationnelle » ; au sommet Union européenne-Union africaine à Bruxelles, où il a convoqué la figure du Chevalier de L’Aventure ambiguë de Cheikh Hamidou Kane pour plaider un dialogue entre partenaires égaux ; et devant l’Assemblée nationale des Comores, où il avait salué la fraternité entre les deux peuples.
Filant la métaphore du cheval et du cavalier, Me Tall Sall a décrit le duo formé par le président et son conseiller diplomatique comme un attelage d’exception, chacun donnant à l’autre toute sa majesté. Elle a conclu son intervention en rendant grâce pour des années qu’elle a dites pleines de sens et d’histoire, durant lesquelles, selon elle, la légende du Sénégal s’est écrite au quotidien.