Préparatifs Tabaski à Kolda : Calvaire des éleveurs du nord…Absence de mesures barrières contre la Covid-19 …


Venus vendre leurs moutons pour la fête de la Tabaski, les éleveurs du nord du pays vivent beaucoup de difficultés, surtout celles liées à la cherté de l’aliment de bétail, au transport des bêtes et à la rareté des clients. Mais également, ils souffrent du manque de pâturage, de la pluie, de la difficulté de l’obtention d’eau pour abreuver les bêtes. C‘est un donc un véritable calvaire d’après leurs témoignages qu’ils vivent au foirail de Kolda. La pluie est toutefois l’un des facteurs qu’ils redoutent le plus parce que les vers attaquent leurs moutons aux pattes. 
 
À cela s’ajoute l’absence de mesures barrières contre la Covid-19 surtout en ces temps dits de troisième vague. C’est un relâchement total de la part des vendeurs, éleveurs et clients qui discutent, se touchent sans masque. Il n’y a aucun dispositif de lavage des mains aussi bien à l’entrée qu’à l’intérieur. Voilà une porte qui semble poreuse pour une éventuelle contamination communautaire du variant delta. Interpelés sur la question, beaucoup avancent qu’il faudrait un dispositif contre la Covid-19 avec port de masque obligatoire mais ils s’en lavent les mains avec un discours pessimiste.
 
Pour Adama Sow venu de Gassine dans le Djolof, « le transport nous a coûté très cher et les clients nous proposent des prix non conformes aux prix véritables des moutons. Pour avoir de l’eau aussi nous devons faire la queue et cela fatigue les animaux. Nous vivons un véritable calvaire avec la pluie car nos bêtes ne sont pas habitués à des pluies intenses et récurrentes. C’est pourquoi, ils développent des vers dans les pattes. Nous voulons des abris pour les animaux. Et à cela s’ajoute la rareté des clients… »
 
En ce moment, les camions remplis de moutons du nord ne cessent de faire des navettes. Au foirail, partout ce sont des moutons de l’entrée à l’intérieur avec des clients qui marchandent pour obtenir un bélier. Mais avec la Covid-19, ce n’est pas le grand rush à cause de la crise économique liée à cette pandémie.
 
Manou Baldé est un client rencontré au foirail qui reconnait la cherté des moutons malgré leur abondance. À ce titre, il avance : « j’ai prévu d’acheter un mouton de 85.000 f cfa, mais je n'ai pas encore trouvé mon bonheur. »
 
À en croire Adama Ba de Koussanar qui décrit les conditions du foirail, « il n’y a pas d’abris pour les bêtes en cas de pluie. Il est difficile aussi de garder les bêtes ou de les abreuver à temps car il n’y que deux robinets et un puits pour tout le monde. » D’ailleurs, il poursuit : « j’ai amené deux mini cars remplis de moutons que j’ai payés cher. Les clients me proposent des prix bas qui n’atteignent même pas la fourchette de mes dépenses. Avec le soleil et la pluie c’est très dur pour nous… »
 
Interpellé sur la question, le président du foirail de Kolda, Amadou Tidiane Baldé dira : « il y’a des moutons même si les difficultés ne manquent pas pour nos hôtes du nord. L’aliment de bétail est disponible et il est subventionné. Le sac coûte 7900 f cfa ici tandis qu’il est vendu ailleurs à plus de 8000 f cfa. C’est pourquoi, je ne pense pas qu’il y aura une pénurie de moutons ou d’aliments. Et ici, il y en a pour toutes les bourses. » 
 
À noter la bonne présence des forces de l’ordre pour assurer la sécurité des personnes et des biens sur les lieux. Et dans le même souci, l’électricité a été branché pour rendre les lieux plus sécurisés...
Vendredi 16 Juillet 2021
Dakaractu



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