Pourquoi il faut féliciter Mbougar Sarr (Par El Malick Seck)


Pourquoi il faut féliciter Mbougar Sarr (Par El Malick Seck)
Du prix Goncourt remporté par Mbougar Sarr, cent ans après un autre homme des tropiques, René Maran, ou vingt ans après une femme de couleur, Marie Ndiaye née en France, il faut tirer plusieurs enseignements : la fierté d’être né au pays natal, dans les tréfonds du Baol, Diourbel, un enfant du pays, d’une famille sénégalaise normale, issu de l’école publique(sans cesse décriée ces dernières années), d’être un produit du prestigieux prytanée militaire de Saint-Louis, d’être finalement un sénégalais comme un autre et d’avoir l’accent sérère. Ce n’est pas rien le grand exploit que vient de réaliser le jeune Sarr, ancien meilleur élève du Sénégal, il y a peine une dizaine d’années quand ce marmot raflait plusieurs prix au Concours Général. Mbougar Sarr est désormais le premier subsaharien à être invité sous les honneurs dans cet auguste restaurant du 2ème arrondissement de Paris, Le Drouant où depuis 1903, le meilleur roman d’écriture française est consacré.

La consécration de Sarr n’est pas une surprise. J’ai entendu son nom pour la première fois de la bouche de mon ami de plus trente ans, l’écrivain thièssois, Moustapha Ndéné Ndiaye (un autre talent sénégalais à l’état pur, à la plume alerte et historique,  ancien nominé du Grand Prix du Chef de l’Etat pour les lettres). J’ai lu et relu le jeune Sarr. Il écrit avec brio et aisance. Le Sénégal regorge de plumes secrètes qui ne demandent qu’à éclore. Ils sont malheureusement dans un pays où peu bouquine et la lecture est une corvée pour l’essentiel de nos compatriotes. Sarr, démontre qu’un sénégalais placé dans un environnement serein où la culture et l’art sont respectés peut faire des merveilles. Ce n’est pas un hasard si l’essentiel des grands écrivains africains ont vécu en Occident. C’est quelque chose qui doit nous interpeller.

La consécration de Sarr est un exemple à enseigner à la jeunesse sénégalaise tant valsée ces dernières années par des illusionnistes à tout va. C’est un immense exploit qu’il vient de réaliser à la lecture de la liste des grands écrivains qui ont été couronnés. Parmi eux on peut citer ; Tahar Benjelloum, Erik Orsenna, Michel Houellebeck, Simone de Beauvoir, André Malraux, Jean Christophe Rufin. 

PS : Félicitations aussi à mon ancien directeur de publication au quotidien Le Matin (entre 1998-1999) à la rue des écrivains au Point E, je veux nommer Boubacar Boris Diop qui vient de gagner le Neustadt International Prize for Littérature, souvent considéré comme le Nobel américain de littérature pour sa réputation de prélude à la sélection annuelle de l’académie suédoise. Boris Diop, un homme bien et très humble, un grand esprit également. 

El Malick SECK
(Ancien journaliste et conseiller municipal à Thiès)
Mercredi 3 Novembre 2021
Dakaractu



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