Pour un chapelet à réparer à 1500 francs Cfa : El Hadj Vilane dit Aladji Kourouss tue un jeune footballeur en vacances d'un coup de ciseau.


Pour un chapelet à réparer à 1500 francs Cfa : El Hadj Vilane dit Aladji Kourouss tue un jeune footballeur en vacances d'un coup de ciseau.

El Hadji Vilane a été jugé ce mercredi 02 juin 2021 devant la Chambre criminelle de Dakar pour le meurtre d'un jeune footballeur répondant au nom de Mouhamadou Lamine Ndoye. Il risque 15 ans de réclusion criminelle et sera édifié sur son sort le 16 juin prochain. 

 

Les faits se sont passés en 2016 où le Sieur Libasse Ndoye avait envoyé son frère Lamine Ndoye, en vacances au Sénégal, pour aller chercher son chapelet chez l’artisan El Hadji Vilane. Une fois sur place, l'accusé avait refusé de lui remettre le chapelet prétextant que son frère n'avait pas complété le montant dû, 1500 francs CFA. Ce que ne voulait pas entendre la victime. C'est au cours d'une bagarre que l'accusé a infligé à Mouhamadou Lamine Ndoye un coup de couteau violent au niveau du cou. 

 

Acheminée à l'hôpital Philippe Maguilène Senghor, la victime a finalement rendu l'âme. Le certificat de genre de mort a révélé une hémorragie profonde subie par arme blanche. Sur ces entrefaites, le présumé meurtrier a été cueilli par les éléments de la gendarmerie de la Foire. Interrogé, l'accusé a nié les faits en soulignant qu’il n’avait nullement l'intention de le tuer.

 

« Je l'ai tué indépendamment de ma volonté. On s'est bagarré et le ciseau par inadvertance a atteint son cou. Il m'a trouvé en plein travail. Il était venu dans mon lieu de travail pour me dire que son frère l'avait envoyé pour qu'il vienne récupérer son chapelet. La première fois qu'il est venu, il m'a trouvé en train de dormir et quand il m'a fait part de l'objet de sa visite, j'avais refusé de lui donner parce que j'ignorais son identité. Mais son frère n'avait pas tout payé. Les frais s’élevaient à 1500 francs CFA. Il m'avait remis une somme de 500 francs CFA et il me devait 1000 francs CFA », raconte-il.

 

Quant à Libasse Ndoye, frère de la victime, il a confirmé devant la barre avoir envoyé son frère chez l’artisan. « J'ai envoyé mon frère pour qu'il aille récupérer mon chapelet chez EL Hadj Vilane. Quelques minutes, après, il m'a appelé pour me dire que mon frère s’est battu avec lui. Je lui avais répondu que j'allais régler le problème, mais je ne lui devais rien. J'avais honoré ma dette au moment même où je lui remettais le chapelet. »

 

Le père de la victime a fait savoir que son fils était un bon footballeur et le meilleur de Yoff. « Il a été repéré par un agent de joueur et il a été amené au Portugal. Il était venu en vacances, » dit-il.  Il témoigne que c’était un jeune pieux. Pour la défense de la partie civile assurée par Me Demba Ciré Bathily, les faits sont constants et simples. 

 

« Quand on examine le meurtrier, on se rend compte dans son expression qu'il n'y a aucun repentir sur les faits. Ce qui montre sa véritable nature. Tout au long du procès, il a essayé de vous faire croire qu'il ne connaissait pas la victime », constate la robe noire. « Il a tué un jeune qui avait plein d'avenir qui était simplement en vacances au Sénégal. Il est violent et méchant. Ce monsieur est un criminel par nature. Il a soif de sang. Et il attendait le moment propice pour commettre son acte. À la limite, il en avait l'intention. Que justice leur soit rendue. La défense demande une somme de 100 millions de francs Cfa pour la réparation du préjudice », a-t-il plaidé.

 

Prenant la parole, l'avocat général estime que le certificat de genre de mort a révélé des hémorragies profondes subies par arme blanche. C'est la raison pour laquelle le procureur sollicite au juge de retenir l'accusé dans les liens de la détention afin de le déclarer coupable de meurtre. Sur ce, il requiert 15 ans de réclusion criminelle. 

 

Délibéré le 16 juin prochain...

Mercredi 2 Juin 2021
Dakaractu




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