Port de Dakar : Conséquences et retombées des 4 jours d’arrêt de travail, selon Mbaye Mbengue (président du collectif)

Lancé vendredi dernier à cause de deux décisions des autorités, par les membres du Collectif des entreprises agréées pour le transport et la livraison des conteneurs au Sénégal (Ceatlcs), l’arrêt de travail aura engendré pertes et profits pour des acteurs portuaires. 3 jours pour faire entendre raison aux autorités concernées, qui auront engendré des préjudices, de part et d'autre.

Mbaye Mbengue, le président dudit collectif interrogé par Dakaractu après la levée du mot d’ordre, a tiré le bilan. Entretien...


 Les 4 jours d’arrêt de travail initié par le Collectif des entreprises agréées pour le transport et la livraison des conteneurs au Sénégal (Ceatlcs) ont été rudement sentis par le Port autonomie de Dakar (Pad). Après un bras de fer engagé par lesdits acteurs portuaires pour dénoncer des décisions impopulaires qui entraînaient leurs entreprises vers les abysses, les autorités étatiques ont fini par prendre les choses en main. Et c’est dans la soirée du dimanche 26 janvier dernier que le ministre Alioune Ndoye (en charge des Pêches et de l’Economie maritime) a pris son bâton de pèlerin avant d’inviter les responsables du Ceatlcs autour de la table. Il était accompagné de son collègue Me Oumar Youm. Une réunion de concertation avec les parties prenantes, longue de 10 tours d’horloge (9 h à 19 heures), a abouti à la levée du mot d’ordre d’arrêt de travail, a confié le président dudit Collectif, Mbaye Mbengue, au cours d’un entretien accordé à Dakaractu, pour faire le point sur la question. 
Il a indiqué que cette réunion s’est tenue en présence du Directeur général du Pad (Aboubacar Sédikh Bèye), et de celui du Cosec (Mamadou Dione), entre autres. Mais, elle aura permis la signature d’un protocole d’accord entre les membres dudit collectif (Ceatlcs) et les autorités étatiques. Un accord à propos des deux objets de discussion portant sur le règlement de l’Uemoa et la tarification des systèmes de gestion des flux de camions du Port de Dakar.
5 500 conteneurs pleins bloqués au port durant 4 jours d’arrêt de travail des transporteurs agréés
Les deux camps, dans leur volonté d’harmoniser leurs positions, ont convenu la « suspension de l’application de la facturation du Système de gestion des flux de camions du port de Dakar jusqu’à la fin des travaux de voirie prévue le 31 mars 2020 ainsi que la poursuite des concertations avec les acteurs sur le tarif à appliquer dès la fin des travaux de voirie » ; la suspension du pesage à l’essieu au niveau du Terminal à conteneur (Tac) de Dubaï port world (Dpw) jusqu’à l’équipement complet dudit terminal pour se conformer aux dispositions du règlement 14 de l’Uemoa ».
 
 
 
Concernant ce dernier point, il a été retenu, comme l’indique le document signé, « l’application d’une tolérance de 20% (15% + 5% liés aux erreurs systématiques du matériel) sur le Ptac (Poids total autorisé en charge) au niveau des plateformes et terminaux ; la prise en charge de la tolérance globale dans la grille des poids et charges à l’essieu des plateformes; la poursuite des discussions entre les parties prenantes sur les questions liées au gabarit, aux amendes de surcharge, aux frais de pesage de 2 000 F, à la mise à disposition des balises de géolocalisation et au travail à feu continu au niveau du scanner; l’application d’une tolérance sur les amendes de 50% soit 30 000 F par tonne surchargée sur le trafic international à 10 000 F/t surchargée sur le trafic national jusqu’au 31 mars 2020.
Concernant les camions-citernes d’hydrocarbures, un dispositif de priorité sera mis en place au niveau des postes de pesage pour, dûment, tenir compte des aspects sécuritaires ».
 
 
 
Mais, il est bon de rappeler que ces journées d’inactivité décrétées par le Collectif des entreprises agréées pour le transport et la livraison des conteneurs au Sénégal (Ceatlcs) ont entraîné de lourds préjudices. Pour preuve, selon le président Mbaye Mbengue, il faut une semaine d’activités intenses à feu continu, pour réparer les dégâts qui ont Qentrainé l’absence de mouvements de 7 000 conteneurs.
 
 
 
Le Port autonome de Dakar était rempli à l’excès avec 95% de sa capacité
 
 
 
« Pendant les 4 jours d’arrêt de travail, il y a eu 4 navires. Il s’agit respectivement de celui de Cma Cgm arrivé le vendredi dernier. Le 2e et le 3e sont des Msc (samedi et dimanche). Le lundi est arrivé celui du Maesrk Lines. Ces 4 navires ont déchargé 5 500 conteneurs. Et avaient prévu de prendre 2 000 conteneurs pour l’export (…). Par rapport aux 5 500 conteneurs débarqués par ces 3 plus grands armateurs au monde et aux 2 000 qui devaient partir et qui ne sont pas partis - parce qu’il fallait que nous les transférions de leurs terminaux pour les amener au port donc du coup- ils avaient un problème de 7 000 conteneurs. Le Port autonome de Dakar était rempli à 95%. Alors qu’un port qui tourne normalement doit être rempli, tout au plus à 70%. Donc, à 95%, il ne restait que les travées. Le port était donc full. Si on n’avait pas levé le mot d’ordre, ce lundi, les bateaux qui allaient venir le mardi, ne pourraient pas débarquer leurs marchandises. Parce que tout simplement, il n’y avait plus d’espace. Et ces bateaux cités plus haut, sont des navires qui coûtent très cher en attente. C’est ce qu’on appelle surestaries navire. Cela fait 20 000 dollars par jour (environ 12 millions de F Cfa) aux frais de l’armateur qui prend en charge ».
 
 
 
Dans une telle position, possibilité est offerte à l’armateur « de couper tout de suite l’escale en allant à Abidjan (Côte d’Ivoire) ou un autre port débarquer la cargaison de Dakar dans ces ports », a confié M. Mbengue. Une situation qui, sans nul doute, entraîne le prolongement de la réception de conteneur par le client qui attendait sa marchandise pour le dédouaner ; le retard de l’enlèvement de ta marchandise qui engendre des pénalités (magasinages et surestaries), des journées de recettes perdues par le Trésor. Mais, une décision exécutée qui a valu, également des pertes de profits aux membres dudit collectif.
Vendredi 31 Janvier 2020
Dakaractu




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