Poignée de mains entre Lee et Abe, sommet Moon/Abe en tractation : Vers un dégel de la tension diplomatique entre la Corée du Sud et le Japon




L’image est rare et tout aussi poignante. Les deux chefs de gouvernement ont échangé une poignée de mains ce jeudi 24 octobre à Tokyo. Il s’agit du Premier ministre sud-coréen Lee Nak-yon qui effectue un séjour de trois jours dans la capitale nippone pour assister à la cérémonie d’intronisation officielle de l’empereur japonais Naruhito, et du Premier ministre japonais Shinzo Abe. Au cours de ce tête-à-tête qui s’est tenue à la résidence du second, les deux autorités ont réaffirmé la volonté de leurs gouvernements respectifs à œuvrer pour améliorer les relations tendues depuis plus d’un quart de siècle entre ces deux pays voisins de l’Asie du Sud-Est.


Poignée de mains entre Lee et Abe, sommet Moon/Abe en tractation : Vers un dégel de la tension diplomatique entre  la Corée du Sud et le Japon
En effet, d’après la presse sud-coréenne, la péninsule et le Japon ont promis d’engager des pourparlers incessants et d'entamer des efforts diplomatiques pour restaurer leurs relations altérées, dans un futur proche.
 
Le Premier ministre sud-coréen, Lee Nak-yon, a également remis la lettre personnelle du président Moon Jae-in au dirigeant japonais, Shinzo Abe, dans laquelle il exprimait l'espoir de régler sans plus attendre les problèmes en suspens.
 
Au sortir de la réunion qui a duré environ une vingtaine de minutes, le vice-ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Cho Sei-young a révélé que « les deux Premiers ministres ont partagé l'opinion selon laquelle la Corée du Sud et le Japon, en tant que pays voisins importants, ne peuvent pas laisser la situation pénible des relations bilatérales telle qu'elle est».
 
Séoul et Tokyo entretiennent des relations souvent conflictuelles ces derniers mois marqué par un durcissement des restrictions à l'exportation imposées par le Japon à la Corée du Sud, en représailles apparentes à la décision d'un tribunal sud-coréen sur le travail forcé exercé par le Japon durant la Seconde Guerre mondiale.  L'administration Moon a contre-attaqué en mettant en œuvre ses propres mesures de contrôle commercial et en décidant de mettre fin à l'Accord de sécurité générale d'informations militaires (GSOMIA).
 
Des assurances fermes sont sorties de ses échanges dans la mesure où Lee a assuré à Abe que son gouvernement continuerait de se conformer au traité bilatéral de 1965 sur les réparations au niveau de l'Etat concernant la colonisation de la Corée par le Japon de 1910 à 1945 et la normalisation des relations diplomatiques entre Séoul et Tokyo, selon Cho. Il a également souligné l'importance d'échanges civils entre voisins, y compris ceux des jeunes.
 
En réponse, Abe a réitéré la position de Tokyo selon laquelle une promesse d'Etat à Etat devait être tenue. Le Japon affirme que toutes les questions liées aux indemnisations ont été résolues dans l'accord de 1965, alors que la Cour suprême de la Corée du Sud a jugé que les victimes bénéficiaient toujours de leur droit individuel à réparation.
 
Les pourparlers entamés par les deux autorités (Lee, Abe) devraient avoir un fort retentissement diplomatique dans les efforts visant à renouer les liens. Les deux parties étant convenues de tenir des consultations diplomatiques de suivi «rapides et officielles», selon le haut responsable du gouvernement sud-coréen.
 
Dans cette optique, le vice-ministre sud-coréen des Affaires étrangères d’affirmer que le Premier ministre sud-coréen semble avoir atteint son objectif de créer un climat propice à la promotion du dialogue entre les deux pays.
 
Sur la possibilité que Moon et Abe tiennent un sommet, l'officiel a déclaré qu'aucune proposition spécifique n'avait été avancée lors des discussions de jeudi.
 
Cho de préciser que « cela ne veut pas dire que –Séoul et Tkyo- refusent de tenir un sommet ou d'exclure une telle possibilité. Le gouvernement est toujours ouvert à la tenue d'un sommet (Moon-Abe)». Les deux dirigeants pourraient assister séparément  aux sommets internationaux prévus en novembre.
 
Le président sud-coréen a souligné dans sa lettre que la Corée du Sud et le Japon étaient des partenaires essentiels pour la paix et la sécurité en Asie du Nord-Est.
 
Lee et Abe se sont également mis d'accord sur l'importance de promouvoir la coopération individuelle et le partenariat trilatéral avec les Etats-Unis afin de résoudre le problème nucléaire de la Corée du Nord.
Samedi 26 Octobre 2019
Dakaractu



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