Plaidoirie des avocats de l'Imam Ndao : Me Cabibel Diouf prend le contre-pied du parquet


Dans l'ordre de passage, la plaidoirie des avocats de l'Imam Ndao a été la dernière à être présentée à la chambre criminelle. Et les conseils du religieux de Kaolack poursuivi pour 7 chefs d'accusation ont donné la primeur à leur confrère Me Cabibel Diouf pour ouvrir le bal. Une décision loin d'être anodine puisqu'il est le doyen des robes noires qui interviennent dans le dossier sus-indiqué. 

Pour rendre la pareille à ses pairs, l'avocat a annoncé les couleurs dès l'entame de sa plaidoirie. Le procureur ne dira pas le contraire. Le représentant du ministère public s'est vu reprocher ses “libertés avec les faits”. 

De l'association de malfaiteurs, l'avocat dira qu'elle n'est pas fondée. Selon Me Diouf, pour parler d'association, il faut établir les liens que chacun des accusés entretient avec l'autre et vice-versa. Ce que selon lui, le parquet n'a pas réussi à établir. Me Cabibel Diouf qui tient à peine sur ses jambes du fait du poids de l'âge, d'enchainer avec  le terme malfaiteurs qu'il trouve inapproprié en ce qui concerne l'Imam Ndao et ses co-accusés. “Malfaiteur renvoie à un voleur, à un voyou. Omar Pène l'a chanté de même que El Hadji Faye. Les malfaiteurs tels que décrits dans ces chansons ne cadrent pas avec les traits de caractère des personnes jugées devant votre juridiction” rectifie-t-il. 

Cette infraction vidée, Me Cabibel Diouf s'en prend à l'apologie du terrorisme reproché à son client. A ce propos, le conseil de l'Imam Ndao est d'avis que le coordinateur de la section Kaolack de la ligue des Imam et prédicateurs du Sénégal est hors de cause pour n'avoir jamais fait l'éloge du terrorisme sur quelque canal médiatique que ce soit. Quid de ses vidéos projetées dans la salle par le procureur? Me Diouf replace les choses dans leur contexte et renseigne que l'Imam consultait ces fichiers vidéos à caractère jihadiste à titre informatif. Pour lui, s'il y a quelqu'un à poursuivre pour apologie du terrorisme, c'est le procureur. 

Avec la même pédagogie, l'avocat “dégonfle” l'accusation de financement du terrorisme qui, à son avis, n'est pas établi. “Le procureur a voulu mettre notre client dans une mauvaise passe en le poussant à s'amender par rapport à l'argent qu'il a reçu d'Ibrahima Diallo. Mais il n'a rien à se reprocher”, tonne Me Diouf qui, pour prouver la bonne foi de son client, assure que les 14.000 euros en question sont toujours entre les mains des avocats. Le doyen des avocats de conclure en plaidant la relaxe de l'Imam Ndao.
Rappelons qu'il risque 30 ans de travaux forcés.
Mardi 29 Mai 2018
Dakaractu



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter



Dans la même rubrique :