Selon L’Observateur, le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye a vidé, hier, un dossier aussi poignant que révélateur des fractures familiales. D. Mbengue, 22 ans, a été condamnée à un an de prison, dont six mois ferme, à l’issue d’un procès marqué par les larmes, les reproches et une profonde détresse familiale.
Une audience lourde en émotion
À la barre, la jeune femme comparaissait bébé de deux ans dans les bras, poursuivie pour violences sur ascendant, coups et blessures volontaires ayant entraîné trois jours d’Incapacité temporaire de travail (ITT), injures non publiques et menaces de mort à l’encontre de sa propre mère, R. Diop, constituée partie civile. Placée sous mandat de dépôt depuis le 29 janvier, la prévenue a d’abord tenté de minimiser la gravité des faits.
Le déclencheur : un top à 10 000 Fcfa
D’après L’Observateur, l’origine du conflit paraît dérisoire : un simple top, appartenant à la sœur cadette M. Diop, acheté à 10 000 Fcfa. D. Mbengue explique que le vêtement lui aurait été prêté par une autre sœur, Ouleye, malgré l’opposition ferme de leur mère.
Après avoir porté le top, la prévenue publie une photo en statut WhatsApp. M. Diop reconnaît aussitôt son bien et alerte leur mère, qui exige sa restitution immédiate. Les échanges s’enveniment. Le mari de D. Mbengue tente alors de s’interposer par téléphone, en vain.
Versions contradictoires et escalade de violence
Le différend se transporte ensuite au domicile familial, où les récits divergent. Devant le tribunal, D. Mbengue soutient avoir été agressée la première par sa mère et affirme s’être contentée de la repousser. Selon elle, ce geste aurait entraîné accidentellement la brisure d’une vitre, blessant R. Diop au bras.
Mais sous les questions insistantes de la magistrate, la jeune femme finit par reconnaître avoir injurié et menacé de mort sa mère.
La partie civile livre, elle, un récit beaucoup plus accablant. R. Diop décrit sa fille comme « coutumière des faits », affirmant qu’elle aurait subtilisé le vêtement de sa sœur avec laquelle elle est en conflit. Elle soutient que D. Mbengue serait revenue au domicile familial accompagnée de son mari, aurait injurié toute la famille, frappé sa mère avec un pilon et saccagé le mobilier.
Appelée à la barre, M. Diop confirme être bien la propriétaire du top, donnant corps au motif initial du litige.
La colère du tribunal et la sévérité du parquet
Visiblement excédée, la magistrate a vertement sermonné la mère et ses filles, dénonçant une haine familiale disproportionnée pour « un simple top » et avertissant qu’elle ne saurait tolérer que de tels conflits troublent l’ordre public.
Le procureur, particulièrement sévère, a rappelé à D. Mbengue qu’elle est l’aînée et mère de deux enfants, insistant sur la gravité morale et pénale des violences exercées sur une mère. Évoquant une parabole sur le respect dû aux parents, il a requis un an de prison ferme.
Larmes, pardon et condamnation
L’émotion a gagné la salle lorsque R. Diop s’est effondrée en sanglots, entraînant ses filles dans ses pleurs. En larmes à son tour, D. Mbengue a présenté ses excuses publiques à sa mère et à la cour. La partie civile, après avoir réclamé le remboursement du mobilier détruit, a finalement renoncé aux dommages et intérêts.
Au terme du délibéré, le tribunal a déclaré D. Mbengue coupable et l’a condamnée à un an d’emprisonnement, dont six mois ferme, rapporte L’Observateur.