Pierre d'achoppement dans la transition guinéenne / Les regrets de Cellou Dalein Diallo six mois après le coup de force : « Cette marginalisation de la classe politique est inacceptable... »


Le président de l'Union des forces démocratiques veut réellement voir la junte militaire guinéenne, au pouvoir depuis le coup d’État opéré en septembre 2021, presser le pas pour aller vers un ordre constitutionnel. Pour dénoncer une absence d'inclusivité et de justice qui d'ailleurs, étaient au coeur de la profession de foi du président du comité national pour le rassemblement et de développement (Cnrd) Mamadou Doumbouya, 58 partis, dont celui de l'opposant Cellou Dalein Diallo, ont signé une déclaration sur la transition. Cette déclaration fait état d'un manque de volonté d'aller vers un État de droit, selon les signataires.

Cellou Dalein Diallo regrette et dénonce une marginalisation de la classe politique. "Nous n'avons peut-être pas le sentiment que le colonel Doumbouya veut coûte que coûte se maintenir au pouvoir, mais c'est cette marginalisation de la classe politique qu'on accuse d'avoir un agenda caché que nous dénonçons", estime l'ancien Premier ministre guinéen dans un entretien avec France 24 et Rfi. 

Pour Cellou Dalein Diallo, "il est impossible de dissocier l'opposition du contenu de la charte de la transition notamment de la durée de la transition, de l'organe de gestion des élections, le code et le fichier électoral etc. Donc, pour l'homme politique guinéen, "la junte n'a pas tenu compte des propositions des forces vives notamment celles de la classe politique. 

Pour ce qui est de la médiation de la CEDEAO, Cellou Dalein Diallo attend un accompagnement dans le processus pour aller vers un délai raisonnable. "Il faut un médiateur de la Cedeao parce que la crise en Guinée est tellement profonde qu'il faut une personne neutre pour aplanir nos divergences", reconnaît le président de l'UFDG.

Pour le moment, considère Cellou, c'est un appel qui a été lancé à la junte pour discuter et voir comment s'accorder sur un certain nombre de divergences parce qu'estime t-il, "il faut trouver une solution à cette crise de confiance entre la junte et la classe politique, éviter l'absence de dialogue qui peut être source de conflit", dira t-il en rappelant les événements tragiques qui ont eu lieu en Septembre 2009 qui ont été la conséquence d'une rupture du dialogue.

Le gouvernement de transition a annoncé la tenue des assises nationales le 22 mars prochain. Une option qui est loin de convaincre l'ancien Premier ministre. " Pour moi, il faut un cadre de dialogue permanent incluant  les différentes sensibilités de la nation sur la base d'expériences de dialogue politique qu'on a eu en Guinée et ailleurs, pour trouver des solutions consensuelles", renchérit Cellou Dalein Diallo.

Pour son rapprochement du chef de la junte militaire, Mamady Doumbouya, le président de l'Union des forces démocratiques de Guinée informe ne l'avoir pas toujours rencontré malgré sa tentative : "Personnellement, j'ai pas pu le rencontrer pas faute d'avoir essayé, mais je n'ai pas eu de suite favorable. Toutefois, je peux considérer qu'il refuse de me voir. Dans les autres pays où se déroule une transition comme au Mali ou au Tchad, des efforts sont observables. Je ne sais pas pourquoi chez nous on refuse de mettre en place un cadre permanent pour aller vers le droit constitutionnel",  se demande Cellou s'adressant aux journalistes français...
Dimanche 13 Mars 2022
Dakaractu



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