Parfum de scandale à l’OMVS : Un marché de 739 millions de dollars en cause

Une société écartée depuis un an pour une garantie bancaire bidon et qui revient par la fenêtre pour rafler un marché alors que son offre est plus chère de 7 millions de dollars. C’est l’histoire surréaliste qui se joue à l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) dans le cadre du marché pour la construction et la mise en service du projet d’aménagement hydro-électrique de Koukoutamba sur le fleuve Bafing en République de Guinée-Conakry lancé depuis juin 2016. Au cœur de cette affaire : le chinois Sinohydro Corporation qui, hier seulement, a passé un accord avec la Banque africaine de développement (BAD) après avoir été pris en flagrant délit de fraude dans un appel d’offres en Ouganda.


Libération révélait que l’autorité de régulation des marchés publics (ARMP) avait suspendu l’attribution provisoire du marché pour la construction et la mise en service du projet d’aménagement hydro-électrique de Koukoutamba sur le fleuve Bafing, en République de Guinée-Conakry, lancé par l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS).
Selon le document obtenu par nos soins, l’ARMP a pris la décision depuis le 3 mai 2018 à la suite d’un recours introduit par la société China Gezhouba Group co ltd (CGGC).
En attentant une décision définitive de l’instance de régulation, il n’est pas exagéré de dire que cette affaire, de très gros sous, est entourée d’une grosse nébuleuse et pour cause. CGGC a saisi l’OMVs d’un recours gracieux rejeté par la suite avant de saisir l’ARMP à la suite de la publication de l’attribution provisoire du marché à Sinohydro corporation pour la rondelette somme de 999 millions de dollars. Un fait bien assez curieux pour deux raisons. D’abord, cette entreprise avait été exclue de la procédure depuis... 2017 parce que sa garantie bancaire n’était pas valable.
Curieusement, à la demande d’un État membre, elle est revenue dans le jeu pour être autorisée à faire une proposition financière. Un retournement spectaculaire, sujet à plusieurs interrogations. Ensuite, là où Sinohydro proposait 739 millions de dollars, CGGC « vendait » le même service à 732 millions de fcfa, soit un écart de 7 millions de dollars.
Comment est-ce possible alors que le marché a été attribué à Sinohydro ? Dans le recours transmis à l’ARMP, China Gezhouba Group Co ltd ne cache pas son étonnement et s’insurge contre ce qu’il qualifie de forfaiture. Qui plus, hier seulement, Sinohydro a dû passer un accord avec la banque africaine de développement (bad) après avoir été épinglée pour fraude dans le cadre d’un appel d’offres pour des marchés de travaux en Ouganda.
une enquête menée par le bureau de l’intégrité et de la lutte contre la corruption de la bad a révélé que Sinohydro corporation s’est engagée dans des pratiques frauduleuses dans le cadre d’un appel d’offres pour des marchés de travaux dans un projet d’appui routier financé par la banque en Ouganda.
Selon les termes de l’accord obtenu par libération, la bad lui imposera une non-exclusion conditionnelle de trente-six mois sous réserve d’un renforcement du programme de conformité global de l’entreprise, de manière à satisfaire pleinement aux exigences de l’institution. L’institution financière vérifiera l’adéquation du cadre de conformité et la robustesse de sa mise en œuvre avant toute décision de levée de sanctions.
En outre, Sinohydro s’est engagée à coopérer avec le bureau de l’intégrité et de la lutte contre la corruption dans la conduite d’autres enquêtes liées à des projets financés par la bad.
La même entité avait écopé d’un blâme de la banque mondiale pour avoir versé 6 millions de dollars à un mystérieux consultant dans le cadre du projet de construction de la centrale hydroélectrique de Félou.
Vendredi 8 Juin 2018
Dakaractu




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