Pape Diop et Mamadou Seck démissionnent de leurs postes de député

La coalition Bokk Gis-Gis est en train de manœuvrer pour une meilleure répartition de ses sièges à l’Assemblée nationale. Les ex-protégés de Me Abdoulaye Wade ont mis en place une stratégie, bien avant les législatives, qui consiste à convaincre les grands ténors à se libérer de leurs charges de député, une fois élue. Ceci dans le but de permettre à certains d’avoir des moyens politiques pour mieux reconquérir l’électorat. C’est ainsi que Pape Diop et Mamadou Seck ont pris l’engagement de ne pas siéger à la chambre basse. Seulement, un de leur « frère », Abdoulaye Baldé pour ne pas le nommé, qui avait pris ce même engagement, tarde à se prononcer.


Pape Diop, la tête de liste de la coalition Bokk Gis-Gis et son second Mamadou Seck, ne vont pas siéger à l’Assemblée nationale. Ils ont pris le ferme engagement de libérer de leurs charges de représentant du peuple, à l’issue d’une réunion restreinte tenue quelques jours après la publication des résultats issus des législatives. En effet, selon des sources très proches de la coalition dirigée par l’actuel président du Sénat, « ces deux responsables ont décidé de se retirer pour céder la place aux autres, dans le but de sauvegarder l’unité au sein de BGG ». Seulement, si l’on en croit nos interlocuteurs, « ces derniers ont les mains liées, car bien avant les investitures, les grands ténors de la coalition, à savoir Daouda Faye, Bécaye Diop, Abdoulaye Baldé, Pape Diop et Mamadou Seck, avaient tous pris l’engagement de ne pas siéger à cette 12ème législature, histoire de permettre à ceux qui n’ont pas encore eu la chance de gérer de hautes fonctions au niveau de l’État, de bénéficier de moyens pour mieux fidéliser l’électorat à la base ». En outre, indiquent ces mêmes sources, « en démissionnant de leurs postes de député, les anciens libéraux cloueront le bec à leurs adversaires qui les accusaient de chercher une immunité parlementaire ». Ainsi, donc conformément aux dispositions de la loi sur la parité, ils seront remplacés par Abdoulaye Baldé (investi à la 5ème place) et Me Alioune Abatalib Guèye (7ème place). Abdoulaye Baldé, à deux pas du Wakh Wakhet

Cependant, des responsables de BGG, très au fait ces manœuvres, peinent à comprendre l’attitude d’Abdoulaye Baldé. Il est reproché en coulisse au maire de Ziguinchor, de faire dans le clair-obscur pour essayer de revenir sur sa décision. « Abdoulaye Baldé n’a encore rien dit sur sa démission et pourtant au même titre que Pape Diop et Mamadou Seck, il avait fait cette promesse, mais à la surprise générale, il refuse de se prononcer sur le sujet », nous a soufflé ce responsable de BGG. Qui ajoute à mots voilés : « Le maire de Ziguinchor devait prendre de la hauteur, c’est lui qui a imposé sa protégée Khady Diédhiou (2ème sur la liste nationale). Et puis, dans sa région d’origine, il a été sévèrement défait par des jeunes. Donc, il doit respecter ses engagements, sinon il sera considéré comme un traitre ». Très dur contre ce dernier, notre interlocuteur, visiblement révolté, lâche : « si Baldé quitte, il sera remplacé par le député Aliou Dia (9ème place). Ce dernier grâce à sa proximité avec les paysans, pourrait jouer un rôle dans la massification de notre coalition, qui est en train de se muer en parti politique ».

Abdourahmane Mbodj-Loffice
Jeudi 12 Juillet 2012
Loffice