Réuni ce mercredi 07 octobre 2026 à la salle de conférence de la préfecture de Mbacké, le Comité départemental de développement (CDD) spécial a officiellement lancé le processus de reconnaissance des limites administratives de la commune de Touba Mosquée. Mais derrière l'objectif affiché de clarification, la rencontre a viré au bras de fer entre la cité religieuse et les communes voisines, qui accusent le maire de Touba de vouloir « grignoter » leurs terres.
C'est une convocation qui ne disait pas son nom. Le document n° 1158 /DMB/P, signé le 1er octobre 2026 par l'adjoint au préfet du département de Mbacké, Ciré Bâ, fixait pourtant une mission limpide : « la reconnaissance des limites administratives de la commune de Touba Mosquée ». Un objet technique, presque anodin, qui cache l'un des dossiers les plus explosifs du département.
Derrière l'ordre du jour « lancement des opérations, partage des enjeux, présentation de la démarche méthodologique et phasage des activités de reconnaissance et de délimitation », allait naître un débat . Autour de la table, sous la supervision de l'Agence nationale de l'aménagement du territoire (ANAT), une impressionnante brochette d'acteurs : les sous-préfets de Ndame, Kael et Taïf, les maires de Touba Mosquée, Mbacké, Dalla Ngabou, Touba Fall, Missirah, Kaël, Madina, Taïba Thiékène et Taïf, les chefs de village des localités situées sur ou à proximité des limites communales, ainsi que les chefs de services déconcentrés — Cadastre, Domaines, Urbanisme, Environnement, Eaux et Forêts, Élevage, Statistique, Développement rural. Jusqu'au responsable moral de Hizbut-Tarqiyyah, signe que le dossier dépasse largement le cadre administratif.
L’objectif affiché était de « clarifier le territoire de cette commune — qui est une ville sainte et une zone urbaine majeure — afin d'éviter ou de résoudre les conflits de voisinage ou de compétence avec les communes limitrophes, en définissant précisément les frontières ». Sur le papier, la démarche se veut apaisée. Dans la salle, elle ne l'a pas été.
LE TITRE FONCIER DE L’ÈRE WADE AU CŒUR DU BRASIER
Très vite, le débat a dérapé. Selon plusieurs participants, le maire de Touba, Abdou Lahad, a tenté d'imposer une lecture maximaliste des frontières de la cité, en s'appuyant sur le titre foncier délivré sous le régime de Me Abdoulaye Wade. Il aurait soutenu que ce titre foncier s'étend jusqu'à deux kilomètres au-delà des dernières bornes connues.
Une argumentation aussitôt contestée par ses homologues. Ces derniers lui auraient fait comprendre une distinction juridique pourtant élémentaire : Touba, en tant que commune, dispose d'un périmètre géographiquement bien moins étendu que le titre foncier qui, lui, relève du domaine de la cité religieuse et non de la collectivité locale. Confondre les deux, dénoncent-ils, revient à ouvrir la voie à une annexion rampante des terres voisines.
« On ne peut pas délimiter une commune sur la base d'un titre foncier. Ce sont deux choses différentes », résume un maire présent, sous couvert d'anonymat.
L’HÔPITAL CHEIKH AHMADOUL KHADIM, NOUVEAU POINT DE FRICTION
La tension a atteint son paroxysme lorsque le maire de Missirah a ouvert un second front : celui de l'hôpital Cheikh Ahmadoul Khadim. Pour l'édile, l'établissement de santé se trouve bel et bien dans les bornes de sa commune. Une revendication qui, si elle était validée, viendrait contredire frontalement la thèse défendue par la mairie de Touba Mosquée.
Entre les deux positions, aucun terrain d'entente n'a émergé. Le représentant de l'ANAT, chargé de poser la méthodologie, s'est retrouvé face à des protagonistes campant sur leurs positions, chacun brandissant ses documents et ses références historiques.
UN DÉBAT INTACT , UNE POUDRIÈRE INTACTE
À l'issue de la rencontre, le constat est sans appel : le débat reste entier et inachevé. Le processus de reconnaissance et de délimitation est officiellement lancé, mais il s'annonce comme un parcours d'obstacles. Car derrière la question des bornes se profile un enjeu autrement plus lourd : la maîtrise du foncier, des ressources fiscales et de l'autorité administrative sur des territoires densément peuplés et économiquement stratégiques.
Pour les communes frontalières, la crainte est claire : voir leurs limites se réduire comme peau de chagrin au profit d'une cité religieuse en pleine expansion, forte de son poids démographique, économique et spirituel.
C'est une convocation qui ne disait pas son nom. Le document n° 1158 /DMB/P, signé le 1er octobre 2026 par l'adjoint au préfet du département de Mbacké, Ciré Bâ, fixait pourtant une mission limpide : « la reconnaissance des limites administratives de la commune de Touba Mosquée ». Un objet technique, presque anodin, qui cache l'un des dossiers les plus explosifs du département.
Derrière l'ordre du jour « lancement des opérations, partage des enjeux, présentation de la démarche méthodologique et phasage des activités de reconnaissance et de délimitation », allait naître un débat . Autour de la table, sous la supervision de l'Agence nationale de l'aménagement du territoire (ANAT), une impressionnante brochette d'acteurs : les sous-préfets de Ndame, Kael et Taïf, les maires de Touba Mosquée, Mbacké, Dalla Ngabou, Touba Fall, Missirah, Kaël, Madina, Taïba Thiékène et Taïf, les chefs de village des localités situées sur ou à proximité des limites communales, ainsi que les chefs de services déconcentrés — Cadastre, Domaines, Urbanisme, Environnement, Eaux et Forêts, Élevage, Statistique, Développement rural. Jusqu'au responsable moral de Hizbut-Tarqiyyah, signe que le dossier dépasse largement le cadre administratif.
L’objectif affiché était de « clarifier le territoire de cette commune — qui est une ville sainte et une zone urbaine majeure — afin d'éviter ou de résoudre les conflits de voisinage ou de compétence avec les communes limitrophes, en définissant précisément les frontières ». Sur le papier, la démarche se veut apaisée. Dans la salle, elle ne l'a pas été.
LE TITRE FONCIER DE L’ÈRE WADE AU CŒUR DU BRASIER
Très vite, le débat a dérapé. Selon plusieurs participants, le maire de Touba, Abdou Lahad, a tenté d'imposer une lecture maximaliste des frontières de la cité, en s'appuyant sur le titre foncier délivré sous le régime de Me Abdoulaye Wade. Il aurait soutenu que ce titre foncier s'étend jusqu'à deux kilomètres au-delà des dernières bornes connues.
Une argumentation aussitôt contestée par ses homologues. Ces derniers lui auraient fait comprendre une distinction juridique pourtant élémentaire : Touba, en tant que commune, dispose d'un périmètre géographiquement bien moins étendu que le titre foncier qui, lui, relève du domaine de la cité religieuse et non de la collectivité locale. Confondre les deux, dénoncent-ils, revient à ouvrir la voie à une annexion rampante des terres voisines.
« On ne peut pas délimiter une commune sur la base d'un titre foncier. Ce sont deux choses différentes », résume un maire présent, sous couvert d'anonymat.
L’HÔPITAL CHEIKH AHMADOUL KHADIM, NOUVEAU POINT DE FRICTION
La tension a atteint son paroxysme lorsque le maire de Missirah a ouvert un second front : celui de l'hôpital Cheikh Ahmadoul Khadim. Pour l'édile, l'établissement de santé se trouve bel et bien dans les bornes de sa commune. Une revendication qui, si elle était validée, viendrait contredire frontalement la thèse défendue par la mairie de Touba Mosquée.
Entre les deux positions, aucun terrain d'entente n'a émergé. Le représentant de l'ANAT, chargé de poser la méthodologie, s'est retrouvé face à des protagonistes campant sur leurs positions, chacun brandissant ses documents et ses références historiques.
UN DÉBAT INTACT , UNE POUDRIÈRE INTACTE
À l'issue de la rencontre, le constat est sans appel : le débat reste entier et inachevé. Le processus de reconnaissance et de délimitation est officiellement lancé, mais il s'annonce comme un parcours d'obstacles. Car derrière la question des bornes se profile un enjeu autrement plus lourd : la maîtrise du foncier, des ressources fiscales et de l'autorité administrative sur des territoires densément peuplés et économiquement stratégiques.
Pour les communes frontalières, la crainte est claire : voir leurs limites se réduire comme peau de chagrin au profit d'une cité religieuse en pleine expansion, forte de son poids démographique, économique et spirituel.
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