PLFR 2026 : croissance ralentie, déficit accru et investissements réduits, les grands arbitrages de l’État...les chiffres et les mesures qui redessinent le budget du Sénégal

Le projet de loi de finances rectificative pour 2026 redessine les équilibres budgétaires du Sénégal. Entre hausse des subventions énergétiques, baisse des recettes attendues et alourdissement des charges de la dette, le gouvernement réduit l’investissement, renforce certains filets sociaux et propose plusieurs réformes fiscales.


Le budget 2026 fait l’objet d’une révision importante. Le projet de loi de finances rectificative présente une économie confrontée à un environnement moins favorable et des finances publiques soumises à des pressions simultanées sur les recettes et les dépenses.

 

La croissance est désormais attendue à 2,7 %, contre 5 % dans les prévisions initiales. Le gouvernement explique cette révision par les effets de la crise énergétique mondiale et par un déficit pluviométrique 

 

Le premier choc budgétaire concerne l’énergie. Les subventions prévues passent de 250 à 790,3 milliards de FCFA, soit une augmentation de 540,3 milliards. Selon le PLFR, l’ajustement des prix des hydrocarbures intervenu en août ne suffit pas à absorber les effets du renchérissement du pétrole.

 

Le deuxième facteur de tension provient des recettes. Celles attendues du Plan de redressement économique et social sont ramenées de 762,9 à 311,5 milliards de FCFA. La prévision relative aux jeux de hasard diminue notamment de 300 à 120 milliards.

 Plusieurs autres mesures, dont la régularisation foncière massive et le renouvellement de conventions de concessions téléphoniques, ne devraient donner lieu à aucun recouvrement selon le PLFR.

 

Les recettes totales, comptes spéciaux du Trésor compris, sont ainsi projetées à 5 848,7 milliards de FCFA, contre 6 188,8 milliards initialement. Les dépenses atteindraient, dans le même temps, 7 583,9 milliards, soit environ 150 milliards de plus.

 

Le déficit budgétaire serait porté à 1 735,2 milliards de FCFA, représentant 7,6 % du PIB, contre un objectif initial de 5,4 %.

 

Pour limiter la dégradation, le gouvernement prévoit une réduction de 555 milliards de FCFA des investissements : 315,7 milliards sur ressources internes et 239,3 milliards sur ressources extérieures. Il affirme privilégier les projets à fort impact et préserver les secteurs sociaux ainsi que certaines autres dépenses prioritaires.

 

La dette constitue une autre contrainte majeure. Les intérêts et commissions passent à environ 1 285,2 milliards de FCFA, en hausse de 94,6 milliards. Avec le remboursement du principal, le service prévisionnel total atteint 5 801,38 milliards. Le besoin global de financement est évalué à 6 774,2 milliards, montant qui inclut notamment le refinancement d’échéances existantes.

 

Sur le plan social, l’enveloppe des bourses de sécurité familiale doublerait, passant de 35 à 70 milliards de FCFA. Le document ne précise pas la répartition de ce renforcement entre montant individuel et nombre de bénéficiaires. Il propose également de ratifier une ouverture de crédits d’environ 7,2 milliards pour les vivres de soudure.

 

Le PLFR comporte plusieurs changements fiscaux. Il prévoit de remplacer la taxation des transactions de monnaie électronique par une contribution progressive sur le chiffre d’affaires des opérateurs, selon des tranches de 8 % à 10 %. Il propose aussi le rétablissement d’avantages fiscaux et douaniers pour les programmes de logements économiques agréés, ainsi que l’instauration d’un marquage fiscal de certains produits.

 

La gestion des finances publiques fait également l’objet de dispositions spécifiques. Le PLFR demande l’intégration de 300 milliards de FCFA de dette non financière fiabilisée dans les comptes de l’État et renforce l’encadrement des engagements sans couverture budgétaire suffisante.

 

Les annexes complètent ce tableau. Les prévisions cumulées des fonds intergénérationnel et de stabilisation atteignent 101 milliards de FCFA. Pour le drainage de Touba, une autorisation d’engagement de 97,35 milliards figure sur une ligne extérieure sans crédit de paiement chiffré et avec un bailleur non identifié.

 

Le PLFR présente ainsi un budget d’ajustement confronté à plusieurs exigences : absorber le choc énergétique, financer les échéances de dette, compenser des recettes inférieures aux attentes et maintenir une protection sociale renforcée. 

Lundi 21 Septembre 2026
Dakaractu