La société nationale pétrolière sénégalaise, PETROSEN, se retrouve dans une situation financière critique. C’est le journaliste et éditorialiste Madiambal Diagne qui lève le voile sur une mise en demeure sans équivoque adressée à la compagnie publique par un consortium de créanciers. Il faut régler une dette de 165 milliards de francs CFA avant le 27 mai 2026. Une échéance qui tombe dans moins de deux semaines et pour laquelle aucune issue ne semble se dessiner à l’horizon.
Face à l’urgence, révèle Madiambal Diagne, le président de la République Bassirou Diomaye Faye a personnellement tenté d’intervenir. Le chef de l’État s’est tourné vers la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD), sollicitant son appui pour aider PETROSEN à honorer cet engagement. Mais la démarche présidentielle n’a pas abouti. La BOAD a signifié qu’elle ne pouvait plus rien faire pour le Sénégal dans l’immédiat, ayant déjà mobilisé ses ressources pour aider le pays à franchir la dernière échéance de ses Euro Bonds. L’institution sous-régionale, qui avait joué les pompiers lors de cette précédente crise obligataire, est aujourd’hui à court de marges de manœuvre pour une nouvelle intervention d’urgence.
PETROSEN se retrouve ainsi prise en étau entre des créanciers déterminés à se faire rembourser et une architecture de soutien institutionnel qui a atteint ses limites.
Le compte à rebours est désormais lancé. Si aucune solution de financement n’est trouvée d’ici au 27 mai, c’est l’ensemble de l’édifice institutionnel autour du pétrole sénégalais qui pourrait vaciller, avec des conséquences potentiellement lourdes sur la crédibilité du pays auprès des marchés financiers internationaux.