La cérémonie de dédicaces du livre de Me Ousmane Ngom sur Abdoulaye Wade ce dimanche s’est transformée, le temps d’une soirée, en tribune inattendue pour les responsables du Parti démocratique sénégalais. Entre hommages au « Pape du Sopi » et appels pressants à la refondation, plusieurs figures du PDS ont livré, avec une franchise inhabituelle, leur diagnostic sur l’état d’un parti en quête de lui-même.
C’est Doudou Wade qui, en premier, a donné le ton, en posant d’emblée la question qui taraude les militants : celle de l’héritage. « Abdoulaye Wade ne doit pas être privatisé », a-t-il indiqué. Pour lui, la formation reçue aux côtés du fondateur du parti reste « exemplaire » et oblige les cadres à travailler à la réunification familiale, contre ce qu’il appelle « des adultes égoïstes ».
Mamadou Diané Diop, chauffeur personnel de Me Abdoulaye Wade, n’a pas manqué, aussi, de faire part de ses vérités. S’adressant directement aux responsables du PDS, il les a accusés d’avoir « laissé trop de terrain à d’autres acteurs politiques » en se livrant à des luttes de positionnement internes. « C’est irresponsable », a-t-il tranché, avant d’appeler à l’unité pour préserver l’héritage du « Pape du Sopi ». Moussa Sy, ancien maire des Parcelles assainies, a quant à lui articulé ce que beaucoup pensaient tout bas : le parti est dispersé, la relève n’a pas été assurée. Mais l’ancien édile a tenu à élargir le débat au-delà de la seule figure de Karim Wade. « La relève, ce n’est pas seulement Karim Wade, c’est tous les responsables du PDS », a-t-il affirmé, appelant à « penser à écrire sur la renaissance du libéralisme » et à préparer dès maintenant « le candidat libéral pour 2029 ».
Avec un ton plus fédérateur, le maire de Kébémer Mamadou Lamine Thiam a plaidé pour un retour à « l’essentiel », tandis que Fatou Sow, figure historique du parti qu’elle dit connaître depuis 1978, a exprimé sa « reconnaissance éternelle » à Abdoulaye Wade et affiché sa conviction que « le PDS sera de retour au pouvoir en 2029 ».
Derrière les hommages convenus à un centenaire désormais célébré comme une figure tutélaire, c’est bel et bien l’avenir d’un parti fragilisé que ces responsables ont tenté, chacun à sa manière, de dessiner. La question de la succession, des alliances et de la ligne politique pour les prochaines échéances électorales reste posée avec une urgence que la cérémonie de Ousmane Ngom aura eu le mérite de rendre publique.