Ousmane Sonko sur la reddition des comptes : « La stratégie politique ne doit pas servir à protéger ceux qui ont dilapidé les ressources du Sénégal »


À l’occasion de la prière de l’Aïd El Fitr célébrée à Nema, dans la capitale du Sud, le Premier ministre Ousmane Sonko a profité du rassemblement festif pour délivrer un message à forte charge politique, ciblant directement ce qu’il considère comme un traitement inégal devant la justice sénégalaise.

 

Prenant la parole après la prière de ce samedi marquant la fin du mois de Ramadan, le chef du gouvernement a posé le principe comme une exigence morale autant que institutionnelle : « Dans un pays où règne la justice, il ne doit pas y avoir une justice deux poids deux mesures. » Un message pour dire que la politique ne saurait échapper à la justice. 

 

Ousmane Sonko a en effet dénoncé une anomalie qu’il juge criante. En effet, il estime que des personnes accusées d’avoir « dilapidé les ressources » du Sénégal bénéficieraient de libertés provisoires et rentreraient tranquillement à leur domicile, tandis que d’autres citoyens, poursuivis pour des faits qu’il juge nettement moins graves, croupissent en détention. Un tableau à charge, qui vise implicitement des figures de l’ancien régime, sans que le Premier ministre ait cité de noms.

 

Plus significatif encore, Ousmane Sonko a semblé s’en prendre à ceux qui, au sein même de la majorité, pourraient être tentés de ménager certains mis en cause pour des raisons d’opportunité. « Ces personnes qui doivent rendre compte ne doivent pas être protégées, même pour une simple stratégie politique », a-t-il lancé, dans ce qui ressemble à un avertissement adressé autant à l’appareil judiciaire qu’à ses propres alliés.

Samedi 21 Mars 2026
Dakaractu