Pendant des années, il a incarné l’espoir d’une rupture radicale, se drapant dans la posture de l’homme providentiel, le "Messie" politique que le Sénégal attendait pour balayer les vieilles pratiques.
Pourtant, après deux années passées à la tête de l'État et du gouvernement, le constat est sans appel :
la rhétorique enflammée de l'opposant d'hier s'est brisée sur le mur des réalités de la gouvernance.
Deux ans de gouvernance : Le bilan du vide
Gouverner n'est pas haranguer. Après vingt-quatre mois d'exercice du pouvoir, les promesses de transformation systémique tardent à se matérialiser. Entre tâtonnements économiques, absence de réformes structurelles d'envergure et stagnation des indicateurs sociaux, le gouvernement Sonko affiche un bilan désespérément vierge.
Là où le peuple attendait des solutions concrètes pour le pouvoir d'achat, l'emploi des jeunes et la relance économique, il n'a trouvé qu'une gestion à vue.
Cette incompétence managériale démontre une chose : la maîtrise du verbe ne garantit en rien la maîtrise des dossiers d'État.
Le costume de Premier ministre s'est révélé bien trop grand pour celui qui pensait que diriger un pays se résumait à des slogans de campagne.
Le double discours et le reniement éthique
Au-delà de l'inefficacité économique, c'est sur le terrain de l'éthique que la déception est la plus lourde.
Ousmane Sonko, qui avait bâti sa popularité sur la promesse d'une moralisation de la vie publique et d'une rupture totale, semble avoir rapidement adopté les réflexes qu'il dénonçait autrefois.
Le népotisme, les passe-droits et le manque de transparence sont devenus la norme de sa gouvernance. En érigeant le dogmatisme en mode de gestion, il a sacrifié les valeurs de la République sur l'autel des intérêts partisans, décevant une jeunesse qui croyait en sa probité.
Le coup de force de l'Assemblée nationale : Un mépris de la Constitution
Le point d'orgue de cette dérive reste sans doute son installation et son positionnement vis-à-vis de l'Assemblée nationale. En forçant un schéma institutionnel contesté,
Ousmane Sonko s'est engouffré dans une démarche que de nombreux juristes et observateurs qualifient purement et simplement d'anticonstitutionnelle.
Vouloir tordre les textes fondamentaux de la République pour asseoir son autorité ou contourner le contrôle parlementaire est le propre des régimes autoritaires, non des démocrates.
Ce mépris flagrant des lois de la République achève de désacraliser l'homme.
Le Sénégal n'a pas besoin de figures messianiques ni de prophètes autoproclamés.
Le pouvoir a agi comme un révélateur : il a mis à nu les limites techniques et les contradictions morales d'Ousmane Sonko.
Aujourd'hui, face à un bilan sans résultats et des pratiques institutionnelles hautement critiquables, le mythe est tombé.
Il est temps pour les citoyens de regarder la réalité en face et de juger l'homme non plus sur ce qu'il promet d'être, mais sur ce qu'il a échoué à faire.
L'histoire politique du Sénégal retiendra qu'Ousmane Sonko n'était pas la solution, mais une impasse. Le peuple a désormais la preuve qu'il n'y a aucun Messie à l'horizon, seulement un politicien habile dans la manipulation des masses, mais totalement dépassé par les réalités du pouvoir. Le temps de la complaisance est révolu. Face à l'incompétence flagrante, au reniement éthique et au coup de force constitutionnel, l'heure est à la résistance républicaine et à la lucidité politique.
Maïmouna Sène membre du secrétariat exécutif national de l'APR.